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Articles de ce numéro

  • Irradié puis radié

    Le 23 août 2013, un travailleur est irradié au cours d’une opération de tri de déchets radioactifs sur un site du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) à Grenoble. Il travaillait au contact de béton censé être « très faiblement actif ». Dix jours plus tard, le CEA de Grenoble communique laconiquement : « Il a été constaté que l’un des opérateurs d’une entreprise de démantèlement a été potentiellement exposé à une dose de rayonnement inhabituelle. » Cet événement nucléaire est classé, par l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), au niveau 2 sur une échelle de 7. Des « incidents » de ce type en France sont relativement rares, il y en a eu quatre en 2013. Depuis, plus aucune nouvelle. En janvier 2014, nous avons rencontré ce travailleur de 22 ans, que nous appellerons Anthony. Il nous a raconté les conditions de travail sur ce chantier et sa version des faits. Pas celle du CEA, ni celle de l’entreprise pour laquelle il travaillait : elle l’a viré un mois et demi après son irradiation et l’accuse même d’avoir introduit une « source irradiante » dans le CEA. Kafkaïen.

  • Une poubelle radioactive à la Bastille

    C’est une grotte, dans la montagne de la Bastille, juste au dessus de Grenoble. Au bord de la route, entre le musée Dauphinois et la résidence universitaire du Rabot. à l’intérieur sont entreposés des déchets radioactifs. Des mineraux, des bidons remplis de liquide, des sacs contenant différents objets contaminés. À certains endroits, on a mesuré une irradiation 3000 fois supérieure à celle que l’on trouve en temps « normal ».
    Logiquement, tout ceci devrait être confiné. Entreposé dans des bidons hermétiques, à l’intérieur de locaux adéquats, avec une signalétique claire indiquant la nature du danger. Ici, il n’y a rien. Tout a été déposé à la va-vite, sans prendre de précautions, en attendant que ces déchets soient, peut-être, évacués ailleurs. C’est donc une véritable poubelle radioactive, située à deux pas du centre-ville de Grenoble. Partons à la découverte de cette curiosité moderne.

  • « Dans la caserne, c’est le bordel organisé »

    Toi l’Isèrois, cela n’a pas pu t’échapper : les pompiers du département sont fichtrement en colère. Tu as découvert, badigeonnés sur les casernes et les véhicules des pompiers, d’étranges slogans : « J’ai bien mangé, j’ai bien bu, je suis un élu », « Enard dégage ! », « Têtes de mort du SDIS » ou encore « Dégagez les fumiers ». Avec un peu de chance, tu les as même aperçus manifester à Grenoble à proximité du Conseil général ou de la Préfecture alors que tu allais visiter le musée de la Résistance. Depuis la mi-décembre, les pompiers s’opposent à l’augmentation de leur temps de travail, que la direction veut leur imposer sous couvert de restriction budgétaire. Cependant leur lutte dépasse largement cette seule revendication qui a mis le feu aux poudres. C’est pas tous les jours qu’on entend parler d’« autogestion, de point de non-retour et de démission de la direction » dans les casernes des pompiers.

  • Métro et Conseil Général, même combat : le nivellement par le bas

    L’austérité est à la mode. Sur ce sujet, pas d’innovations pour la Métro (communauté d’agglomération) ou le Conseil général de l’Isère qui veulent tailler dans leurs dépenses de personnel. Le projet : faire travailler les salariés deux semaines de plus pour le même salaire et couper dans quelques avantages (jours du président, RTT). En décembre, des agents de ces deux structures se sont donc mobilisés pour dénoncer ces manœuvres, un début de lutte dont on peut tirer quelques enseignements.

  • Qui est Monsieur Fioraso ?

    Tout beau, tout vert. Le « Grenoble du futur » qui se construit se veut résolument moderne, loin du nucléaire et des vieilleries du passé. Durable. On sait que ce mot creux et consensuel est utilisé à toutes les sauces, et parfois de façon très stupide. La nouvelle fierté des élus locaux est de qualifier Grenoble de « ville durable », soit littéralement « ville qui dure ». Derrière cette grande ambition - quelle ville ne veut pas durer ? - un nouveau modèle urbanistique se dessine, pas si loin du meilleur des mondes.
    Pour ce premier épisode, nous partons à la découverte des deux personnages qui portent cette ambition à la mairie.

  • Du ciment sous les cimes (Épisode 3)

    On connaît le rôle pionnier de Grenoble dans l’électricité hydraulique, les sports d’hiver ou les nano-technologies. Mais la ville fut aussi le berceau d’un matériau qui a radicalement changé nos manières de construire, l’allure des villes et le paysage, d’un matériau qui nous entoure : le ciment. Si les bétonneurs devaient faire un pèlerinage, ce serait à Grenoble, où fut révélée la recette scientifique du ciment par Louis Vicat.
    Deux siècles plus tard, c’est toujours à la famille Vicat qu’appartient la seule cimenterie active de la cuvette, à Saint-Égrève. Dans ce troisième épisode, Le Postillon est allé voir comment on fabrique « l’or gris » dans l’une des immenses usines de ce groupe prospère.

  • Archéologie du fait divers

    Au début du XXIe siècle, les principaux médias s’intéressaient surtout à ce qu’on appelait des faits divers, en leur donnant une place démesurée. Un des exemples les plus frappants fut celui du coma d’un certain Michael Schumacher. Cet homme était une célébrité après s’être illustré dans un jeu dénommé « Formule 1 ». Le but était de conduire une luxueuse « voiture » (engin motorisé consommant énormément de « pétrole » - énergie disparue il y a maintenant deux siècles) et de devancer des concurrents en tournant sur une piste pendant plusieurs heures. Ce jeu produisait beaucoup de bruit et provoquait quelquefois des accidents graves.

  • Courrier des lecteurs et rectificatif

    « Je souhaite réagir à votre série de sujets relatifs à la page Facebook de la ville de Grenoble. Tout ce que vous avez mentionné est juste mais je souhaiterais souligner plusieurs choses. La campagne « 70 000 mercis » orchestrée par la ville de Grenoble [NDR : pour se vanter d’avoir 70 000 fans sur Facebook] en partenariat avec son partenaire Eolas à l’automne 2013 confine à l’indécence.

  • Hommage aux cabines téléphoniques

    Cet automne, le PDG d’Orange/France Télécom, Stéphane Richard est venu dans la cuvette pour parler de « 4G » et clamer que « l’agglomération grenobloise est une vitrine pour notre entreprise ». Le député-maire Destot a embrayé en assurant (...)

  • Quizz : 100 % Grenoble

    A) Qui a écrit à propos de notre journal : « Le Postillon est le Washington Post local » ?

    B) Qui a déclaré dans Le Daubé : « Toute ma vie a été ancrée à Grenoble. J’ai été opéré de l’appendicite là-bas, à la clinique Mutualiste, mes parents habitaient ici, rue d’Alembert... Et je peux continuer longtemps comme ça : mon premier vélo acheté chez Liberia, le bac à sable de Saint-Bruno, et ainsi de suite » ?

  • De l’argent il y en a, dans les poches de Saragaglia

    Pendant que les collectivités locales invoquent l’austérité et le manque d’argent pour faire travailler plus leurs salariés, d’autres continuent de s’en mettre, sans complexes, plein les poches.

  • Un Télébéton pour la tour Perret

    La ville de Grenoble a acté au mois de décembre 2013 la restauration de la Tour Perret dans le parc Paul Mistral. Coût prévisionnel : environ huit millions d’euros. Pour financer les travaux, la ville est prête à mettre de sa poche mais compte aussi frapper à la porte de l’État et des collectivités.

  • Le blog augmenté sur papier de Geneviève F.

    4 décembre : C’est la gloire ! Aujourd’hui j’ai eu une médaille ! Claude Bartolone, président de l’Assemblée nationale et membre du même parti « socialiste » que moi, vient de me remettre en toute objectivité le « prix de la Performance publique de l’année »

  • Destot aime les patrons pour nous

    On se répète : le socialiste Michel Destot aime les patrons, au point d’aller régulièrement se bâfrer avec eux. Des tête-à-tête qu’il a démarré sur les chapeaux de roues en ce début d’année.

  • Logique

    Michel Destot est maire de Grenoble depuis presque 19 ans. Grenoble a connu quinze jours de pic de pollution en décembre 2013 pendant lesquels, selon la directrice d’Air Rhône-Alpes, « il fallait monter à 1500 mètres d’altitude pour respirer un bon air ».

  • Une grosse envie de skier

    Le 12 décembre 2013, des agents territoriaux et des sapeurs pompiers manifestent devant le Conseil général. Le rassemblement est tendu. À 15h, des pompiers décident de se diriger au pas de course à la mairie de Grenoble dont ils pour en occuper le hall.

  • Du CEA-Grenoble à la tête du renseignement français

    « L’affaire Snowden », du nom de l’ancien consultant de la NSA (agence de sécurité américaine) qui a révélé le flicage généralisé planétaire, permet d’en savoir un peu plus sur la place du « laboratoire grenoblois » dans cette tyrannie sécuritaire.