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Articles de ce numéro

  • Ingénieurs : pourquoi ?

    Les études d’ingénieur, c’est la voie royale. Combien sont-ils, ces adolescents, à qui on bourre le mou avec ce poncif ? Combien sont-ils, à subir deux ans de prépa’, puis trois ans d’école d’ingé’, en se demandant ce qu’ils font là ? Pas pour des histoires d’argent : avoir un diplôme d’ingénieur permet effectivement de gagner confortablement sa vie, et de faire partie des winners. Mais pour certains, un bon salaire ne suffit pas à répondre aux grandes questions existentielles. À quoi servent les ingénieurs aujourd’hui ? À être des bons petits soldats de la fuite en avant technologique ? À remplacer les humains par les robots, à les rendre toujours plus dépendants de la technologie, toujours plus avides d’énergie ?
    Alors que les rapports scientifiques alarmants sur l’accélération de la catastrophe écologique se multiplient, ces questions sont quasiment absentes des formations d’ingénieurs. On apprend essentiellement aux étudiants à se conformer aux attentes du marché du travail et des entreprises, qui n’ont pour but que la croissance de leurs bénéfices.
    Il arrive régulièrement de lire dans la presse des témoignages d’ingénieurs déserteurs : « Machin-truc a plaqué son poste bien payé chez STMicro pour aller faire pousser des carottes ». La désillusion ne concerne-t-elle que quelques individualités marginales ? Ou devient-elle un phénomène de « masse » ? Le Postillon a papoté avec une tripotée d’ex-ingénieurs, quelques étudiants sceptiques sur l’intérêt de leur formation et des profs plus ou moins critiques.

  • Ou va Emmaüs Grenoble ?

    Ces dernières années, on a eu plusieurs échos d’abus de pouvoir et de malversations dans des structures d’insertion de la région grenobloise. La réalité quotidienne y est souvent - mais heureusement, pas toujours - éloignée des idéaux censés l’animer. C’est que les conditions favorisent les comportements arbitraires : les personnes « à réinsérer », maintenues dans une dépendance à des emplois aidés peu gratifiants, sont à la merci des dirigeants et n’ont pas vraiment de moyen de se défendre. Où iraient ces gens paumés, en burn-out, sans papiers, taulards récidivistes si, même là, on les met à la porte ? De nombreux chantiers d’insertion ont ainsi été créés de façon opportuniste, captant les aides de l’état au fur et à mesure que celui-ci sous-traitait au « tiers-secteur » la gestion de la précarité. Et les précaires subissent, généralement en silence.

    Les compagnons d’Emmaüs ont une autre histoire. Créés par l’abbé Pierre, défendant des valeurs humaines indéboulonnables, on gardait un faible pour ces lieux de débrouille et d’accueil inconditionnel. Et puis patatras : Emmaüs Grenoble semble être en proie à des dérives autoritaires. Si l’aura de l’Abbé Pierre ne lui suffit plus à garder la tête froide, ce récit saura-t-il rafraîchir les idées du directeur ?

  • Le projet fantôme du pavillon fantôme

    Connaissez-vous le pavillon Keller ? C’est LE bâtiment connu de la vallée de Livet-et-Gavet. L’ancienne maison du patron des usines du coin, Charles Albert Keller, a servi de décor au film Les Rivières pourpres de Matthieu Kassowitz. Un endroit où même des touristes en transhumance vers les stations de ski s’arrêtent prendre une photo. Il y a trois ans, on apprenait par la presse locale qu’il y avait un grand projet sur ce bout de patrimoine local. France 3 (30/11/2015) affirmait : « Le célèbre pavillon Keller va être réhabilité. Restaurant, musée et espaces de loisirs surplomberont bientôt la vallée de la Romanche porte d’accès aux grandes stations de l’Oisans  ». Depuis, plus rien. C’est que les loustics à l’origine de l’annonce ont disparu, ou presque. Cette maison serait-elle « maudite », comme l’affirment plusieurs personnes ? Le Postillon sort de la cuvette pour vous conter cette histoire rocambolesque.

  • Que sont devenus les copains de prison de Carignon ?

    Alain Carignon, ex-maire de Grenoble, ex-président du Département, ex-ministre et ex-taulard, veut reprendre sa mairie chérie en 2020. Après avoir été poursuivi pour « corruption, recel d’abus de biens sociaux et subornation de témoins », il a été condamné en 1996 à quatre années de prison pour avoir « commis l’acte le plus grave pour un élu, vendre une parcelle de son pouvoir à des groupes privés et en accepter des avantages considérables », selon les juges. Son tour par la case prison n’a pas entamé son désir de gloire. Mais s’il reprend la mairie, parviendra-t-il à faire autant de bien à la ville que par le passé ? Aura-t-il encore des amis pour privatiser les services publics ? Retrouvera-t-il des compères pour détourner de l’argent public ? Pas si sûr : ceux qui sont tombés avec lui ne sont pas revenus dans le game grenoblois depuis leur sortie de prison. Qu’ont-ils fait alors ? On a fait le tour de ces Jean-quelque chose.

  • « Ce n’est pas normal de mourir comme ça »

    Dans nos précédents numéros, on a beaucoup parlé des conditions de travail lamentables à l’hôpital de Grenoble (voir Le Postillon n°44, 45 et 46), et de la sourde oreille de la direction aux alertes lancées par les soignants. Depuis, ils ont de nouveau fait part de leur désespoir, notamment dans un texte paru cet été (voir encart). La conséquence directe de ce manque de moyens, c’est la maltraitance des patients, jusqu’à des morts douteuses, comme nous l’explique ce récit que nous a transmis « une connaissance de Jeanne et Henri B. »

  • « C’est bien beau Internet, mais ça écoute pas beaucoup »

    Face au développement de la vie virtuelle, aux débats hystériques par tweets interposés, à la pullulation des écrans qui nous coupent de la vraie vie, les bistrots peuvent aussi être des refuges où « les gens viennent chercher un peu d’humanité ». C’est en tous cas comme ça qu’elle le voit, son troquet. Taulière depuis dix-sept années du Bien-être, Martine s’apprête à passer la main. L’occasion d’aller papoter des vieux cerisiers tronçonnés, de l’informatique des années 1970, des gens qui galèrent à faire leur courrier et du manque de convivialité.

  • Comment fermer un bureau de poste ?

    Saviez-vous que La Poste est exemptée à 95 % de taxe foncière et de contribution économique territoriale ? Que cet argent économisé est censé lui permettre de « moderniser » les bureaux de poste grâce au « fonds postal national de péréquation territoriale » ? Mais que La Poste s’en sert en réalité pour en fermer un maximum en les transformant en petits relais postaux ?
    Connaissez-vous les « modes opératoires » publiés par La Poste pour expliquer à ses cadres locaux comment fermer habilement un bureau de poste, même s’il ne désemplit pas ? Vous a-t-on dit que l’État et les élus locaux sont pour la plupart complices de cette destruction du service public postal ?
    Grâce à quelques documents internes, Le Postillon vous explique certaines combines de la direction de La Poste.

  • Draguer le Drac

    En Occitanie et en Catalogne, les « dracs » sont des « créatures imaginaires de formes variables, dont la plupart sont considérées comme des dragons représentant le diable, liées à l’eau et à ses dangers ». Dans la cuvette, le Drac est une rivière sagement canalisée. Mais que sait-on du Drac ? Que connaissons-nous de son histoire, de ses habitants, de ses îles, de ses méandres, de son artificialisation ?
    J’ai troqué la pêche aux infos pour celle aux poissons. Lolo est un passionné, alors je lui ai proposé de me faire découvrir le Drac en m’emmenant balancer des hameçons. Au fil des épisodes, on le remontera et on racontera plein d’histoires de chlore, de joggers, de « trous à canards », de barrages, de truites, d’inondation et peut-être même de dragons. Pour le second épisode de ce feuilleton, on est allés pêcher sur les îles du Drac, entre Grenoble et Fontaine. L’occasion d’évoquer le dragage, les digues, le seuil de l’institut Laue Langevin et l’extension de l’autoroute A480.

  • Les arbres peuvent-ils plaider ?

    Grenoble ville innovante ? Il arrive fréquemment que la pauvre vieille technopole soit en retard d’un train, et que des initiatives percutantes viennent d’ailleurs et pas d’ici. Pour cet épisode : un arbre peut-il plaider ?