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Le Postillon sondé par la ville de Grenoble ?

Le Postillon sondé par la ville de Grenoble ?

Le 14 janvier 2013, on a reçu un heureux coup de fil à la rédaction.

« Vous avez cinq minutes à m’accorder ? C’est pour un sondage sur les élections locales.

  • Oui, oui. Et qui est-ce qui l’a commandé ?
  • La ville de Grenoble.
  • Et c’est quel institut de sondage ?
  • C’est pour l’institut d’études 3 C. » Vérification faite, la boîte se présente comme «  un institut d’études marketing tunisien indépendant ayant opéré les cinq premières années exclusivement sur le marché français ». La dame espère définir notre appartenance politique : « Alors plutôt d’extrême droite, droite, gauche, extrême-gauche ?
  • Heu, rien de tout ça. Je saute la question.
  • Vous ne pouvez pas !
  • Bon, ultra-gauche, ça marche ?
  • Ça, non, je n’ai pas. Écologiste radical ou Parti radical, qu’est ce que vous préférez ? » Elle enchaîne : « Quel est le plus gros problème pour vous à Grenoble ? » La sondeuse énumère une liste d’une douzaine de propositions qui vont du logement à l’immigration, en passant par les embouteillages. « On peut en choisir plusieurs ? 
  • Non.
  • Bon vous pouvez me les redire s’il vous plaît ? » Elle, agacée : « Monsieur si vous ne voulez pas répondre, on arrête !
  • Non, non, on continue : les embouteillages.
  • Comment jugez-vous l’action de Michel Destot à Grenoble ? Très bien, bien, assez bien, pas bien ? » Et là, les questions s’enchaînent à toute vitesse. Où évidemment le jeu ne consiste pas à prendre le temps de réfléchir mais à répondre le plus rapidement possible. à chaque fois on a le choix entre «  très important, important, assez important, pas important ? » . «  Quelles devraient être les qualités du maire ? » Bon gestionnaire ? Travailleur ? Jouant un rôle important au niveau national ? Tolérant ?
  •  Honnête ? 
  • Ben pas important du tout, c’est un homme politique, madame. Quand même ! » Elle refuse la discussion. « Vous voterez en 2014 en fonction des enjeux nationaux ou locaux ? Comment vous informez-vous ? Télévision locale, radio locale, Internet, presse écrite ? » Évidemment, on ne peut donner qu’une réponse. C’est une particularité grenobloise bien entendu : les habitants ne s’informent que par le biais d’un seul média. « Monsieur, c’est fini, je vous remercie. 
  • Madame, il sort quand votre sondage ?
  • Je n’ai pas le droit de vous répondre. Au revoir. » Le lendemain, Jérôme Safar affirme : « Dans le passé, on a trop vu les dégâts que pouvait occasionner un parti exclusivement tourné vers lui-même (…) Alors oui 2014 ça viendra mais pas tout de suite » (Le Daubé, 15-01-13). Le temps de finaliser un sondage ? Ça, on ne sait pas. Rien ne nous prouve que c’est bien la ville de Grenoble qui a commandé ce sondage malgré l’affirmation de la sondeuse. Nous n’avons rien trouvé dans les illisibles compte-rendus des conseils municipaux de ces derniers mois. Mais cette information pourrait aussi bien être planquée ailleurs, la municipalité n’étant pas réputée pour sa transparence. Habituellement, la ville fait appel au CSA pour les sondages qu’elle rend publics, pourquoi serait-elle passée cette fois-ci par un « petit » institut ? Émettons quelques hypothèses :
  • Soit la mairie a commandé ce sondage et, dans ce cas-là, elle utilise l’argent public à des fins électoralistes et on vous laisse en tirer les conclusions.
  • Soit c’est le parti socialiste qui l’a commandé sur ses deniers mais signaler qu’il a été commandé par « la ville de Grenoble » relève du, comment dire, du... on vous laisse en tirer les conclusions.
  • Soit, on nous a fait un bon canular. Et dans ce cas là : bravo ! À suivre...