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Articles de ce numéro

  • Une campagne très artificielle

    « C’est vrai que si on pouvait mettre l’IA dans la campagne, ça nous changerait de l’insécurité ! » Hélas, cette sage parole d’Allan Brunon, candidat Insoumis aux municipales grenobloises (Le Daubé, 6/06/2025), n’a pas été suivie d’effet. Un mois avant les élections, l’intelligence artificielle n’avait jamais été « mise » dans la campagne des municipales, en tous cas jamais comme sujet de débat ou de critique. Ceux qui l’ont « mise » s’en sont simplement servi comme outil de promotion ou comme élément « disruptif » de leur programme. Franchement enthousiastes ou partisans naïfs d’une IA potentiellement émancipatrice, aucun candidat ne remet en cause le déferlement de l’intelligence artificielle dans la « capitale européenne de l’innovation  » 2026. Une initiative propose pourtant aux candidats de s’engager pour une « désescalade numérique  »…

  • Pourquoi Carignon va gagner

    Explications d’une titraille provocatrice.

  • Abus de liens sociaux ?

    « Mais pourquoi tant de personnes vont voter pour ce corrompu ?  » Beaucoup de nos proches ne comprennent sincèrement pas comment Carignon peut réussir à attirer autant, malgré toutes ses casseroles judiciaires, et veulent croire que sa popularité est uniquement due au fond de l’air trumpiste. En réfléchissant seulement sur des bases morales ou de politique nationale ou internationale, ils occultent une donnée essentielle : la capacité de Carignon à labourer le terrain et créer un lien humain avec nombre d’habitants. La force de Carignon, c’est surtout la faiblesse des autres.

  • Les meetings électoraux

    À l’automne c’est les cèpes, au printemps c’est les morilles et une fois tous les six ans, juste avant les élections municipales, c’est les… meetings électoraux grenoblois. Différents reporters du Postillon sont donc allés cueillir quelques ambiances pas toujours comestibles, voire complètement toxiques. Toutes nos excuses aux candidats (de Place publique, du NPA-Révolutionnaires, de Lutte ouvrière ou du Grenoble Alpes collectif) dont nous n’avons pas pu couvrir les évènements, mais faut dire que :
    1 • Ils n’en ont pas fait dans les semaines précédant notre bouclage, ou alors des petits trucs pas ambiance « meetings » [1]
    2 • ça donnera peut-être plus envie à certains de nos lecteurs de voter pour eux que si eux aussi avaient eu le droit d’avoir un compte-rendu.

  • Abstention, suspicion, révolution

    « On se plaint tous que le quartier est mort mais en vrai c’est nous qui l’avons tué... » La première fois que j’ai erré dans le quartier Teisseire, ce tag m’a marqué. De la belle œuvre, hein, pas un tag réalisé à l’arrach’ : des grosses lettres peintes en blanc sur fond noir. Ce n’était donc pas une pensée de passage, mais une affirmation mûrement réfléchie. Mais que signifie-t-il ? Qui est ce « nous  » qui aurait tué le quartier ? Et comment ?

  • L’état gère et se désolidarise

    Souvenez-vous de l’ambiance il y a un an et demi, dans les mois suivant le gigantesque éboulement de La Rivière. Un million de mètres cubes de roche avaient dévalé la pente, coupant notamment 400 mètres de route départementale. À l’époque, les experts, institutions et médias colportaient la fable d’une « catastrophe naturelle », sûrement due à la pluie qui n’était pas tombée depuis un mois… En étayant l’évidence, partagée par de nombreux habitants, notre enquête du numéro 73 pointait plutôt les responsabilités des industriels exploitant la carrière située juste à l’endroit où la montagne est tombée.
    Alors on aurait pu crier : victoire ! Car le 6 janvier dernier, les dirigeants de la carrière ont été placés en garde à vue puis mis en examen, leur responsabilité étant maintenant largement avérée. Mais il faut croire qu’on n’est jamais contents. Sur le banc des accusés, il y a un grand absent : les services de l’État, qui ont fait preuve d’une très grande complaisance envers les manquements des carriers.

  • « Une super belle expérience »

    Depuis plusieurs années, la mairie écolo promet de « réquisitionner des logements vacants » sans aucun résultat pour l’instant. Par contre, elle est parvenue à expulser la Bobine, ancienne salle de concert occupée pendant presque trois mois cet automne, ayant hébergé et fait office de « maison commune » pour des dizaines de personnes sans logement. Retour sur une expérience originale, remplie de chaleur humaine et de dignité.

  • éléphants numériques et tour d’ivoire

    Peut-on parler à l’université des liens entre les laboratoires d’informatique grenoblois et la guerre ? A priori, non… Une conférence « Grenoble, l’Imag et la guerre » organisée de longue date a valu à notre chroniqueur mathématicien de multiples pressions et un « arrêté d’interdiction » contre cette « manifestation susceptible de troubler l’ordre public ». Résumé.

  • Les kings du tracings

    Si Grenoble vient d’être élue « capitale européenne de l’innovation » pour 2026, ses fleurons rayonnent même à travers le monde entier ! Début janvier, on apprenait que Capgemini, la multinationale de « services numériques  » fondée à Grenoble en 1967, travaillait pour la très controversée police de l’immigration américaine (ICE), en l’aidant à «  identifier et localiser  » les étrangers en vue de leur expulsion. En voilà de la bonne réussite grenobloise ! Bien digne du fameux « Tech&Fest », et qui permet de révéler quelques contradictions. Quand de rares voix critiques dénoncent (depuis des décennies) que la « Tech » permet avant tout de créer et d’améliorer des outils utiles au fascisme, les élus, journalistes ou syndicalistes regardent ailleurs et applaudissent les créations d’emplois et autres effets d’annonces. Mais quand des fascistes se servent effectivement de ces outils, les mêmes s’indignent, tout en se contentant de dénoncer un contrat, sans jamais remettre en cause radicalement l’effrayant développement des moyens de contrôle et de coercition permis par la « Tech ». Voilà en tous cas l’occasion de revenir sur l’étendue des méfaits de Capgemini au service des États, fascistes ou pas.

  • Totalitaire !

    «  On n’a pas le choix ». Le fatalisme est le meilleur allié du déferlement de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, pour la quasi-totalité des élites intellectuelles et politiques, on n’aurait pas le choix que de construire des datacenters de partout. «  Ce n’est pas le monde dans lequel je veux vivre, mais c’est le monde dans lequel on vit  » justifie une adjointe au maire écolo de Bordeaux (Reporterre, 19/01/2026) pour soutenir un projet de supercalculateur dans sa ville lequel engloutira l’équivalent du « quart de la consommation des habitants de la métropole bordelaise ».
    Dans l’agglomération grenobloise, les élus ne s’opposent pas non plus à l’implantation d’un supercalculateur à Eybens, laissant le champ libre à la crapule d’entrepreneur à la tête de ce projet. Et pourtant : bien entendu que nous avons le choix et qu’il faut s’opposer à ce monde totalitaire en construction. Voilà l’objet principal de cette lettre adressée à la crapule en question et restée, trois semaines plus tard, sans réponse.

  • Les anges du business en plein paradis fiscal

    Savez-vous quelle est la personne qui a le plus investi dans des start-ups en 2024 ? Le premier de la liste de ce qu’on appelle les business angels ? C’est Pierre-Edouard Stérin, l’homme d’affaires connu pour financer quantité d’initiatives préparant l’arrivée au pouvoir d’une alliance entre l’extrême droite et la droite libérale conservatrice. C’est ce qu’on a découvert en enquêtant dans le monde du « capital-investissement ». Suite au dossier de notre dernier numéro, à propos du « détournement d’argent public au CEA » avec toutes ses sociétés pompant des millions d’euros d’argent public et privé sans jamais rien produire, on s’est demandé : mais d’où vient l’argent ? Comment se fait-il que des investisseurs puissent mettre des millions d’euros dans des projets n’ayant à peu près aucune chance d’aboutir à quelque chose de productif ? On se doutait bien qu’il ne s’agissait pas de pur altruisme, mais on n’avait pas imaginé qu’en fait ils gagnaient à tous les coups, et pas qu’un peu. À tel point que parmi les ultrariches français ou mondiaux, beaucoup manigancent dans des fonds d’investissement finançant les start-ups de Grenoble ou d’ailleurs. Et que parmi ceux-ci se trouvent de grands argentiers de l’extrême-droite.

  • Le postillon et le trésor de la bastille - épisode 2

    La suite tant attendue du roman-photo.