Sur-le-répondeur
« Allô, ouais c’est François de Marseille… Alors vraiment c’est super ce que vous faites, mais vraiment il y a quelque chose qui m’énerve, mais m’énerve. Extrême droite, il n’y a pas de tiret, et dans le dernier numéro plusieurs fois vous en mettez un et c’est pas la première fois que je le remarque, et ça m’agace… Extrême droite, c’est sans tiret ! »
À propos de notre publicité pour le « drone de combat sous-marin »
« Votre engin ne peut pas fonctionner ; il est certes relié au réseau de courant 230 volts pour éviter les batteries, mais on reconnaît facilement que le moteur provient d’un aspirateur Tornado 1950... et donc 110 volts ! (manque un transfo) » C.
Le service électroménager du Postillon : Cher monsieur. Tout le monde peut se tromper. Le drone de combat sous-marin présenté dans notre précédent numéro est entièrement réalisé dans nos ateliers de Fontaine (Isère). Pour des raisons évidentes nous ne pouvons dévoiler l’origine de tous ses composants. Cependant nous connaissons bien l’aspirateur “Tornado” que vous soupçonnez d’être à l’origine du corps de notre drone de combat sous-marin. Vous trouverez ci dessous la photographie d’une plaque constructeur et vous pourrez constater qu’il n’est nul besoin de transfo avec ce modèle 230 volts. »
Suite à la brève « Dites 15 000 »
« Merci pour ce numéro 78 ! C’est toujours un plaisir de vous lire, de découvrir les sujets d’un nouveau numéro et vos angles d’attaque déstabilisants ! (...)
Sur le nouveau centre de santé de la Presqu’île... avec des salaires à 15 000 euros net ! Je ne sais pas combien touche le médecin réellement mais en tout cas ce centre est une aubaine pour les habitants. Ils ne font pas que les urgences ! Les médecins prennent le temps de faire une vraie consultation et, cerise sur le gâteau, ils acceptent le titre de “médecin traitant”. Pour les Grenoblois qui n’avaient plus de médecin traitant depuis quelques années, c’est un soulagement de retrouver un suivi médical. » J.M.
Pas de la tarte
« Quel plaisir de vous lire quand je tombe par hasard à quelques dizaines de kilomètres de votre Cuvette sur votre journal. (…) Un monde avec vous, c’est déjà pas de la tarte… mais qu’est-ce que ce serait sans vous ! » F.
Mots fléchés magazine
« J’achète régulièrement votre magazine de mots fléchés bien que je trouve vraiment regrettable que vous entouriez chaque grille de nombreux articles fort intéressants.
Je me permets de vous contacter à propos d’un fait parfaitement anodin : dans la grille de votre dernier numéro, en raison des fortes pluies ou d’une baignade prolongée dans le Drac (allez savoir), les colonnes sont désalignées d’un bon point entre la 9ème et la 10ème ligne.
Vous n’êtes pas sans savoir les longs moments que nous passons sur ces grilles farfelues. Une publication grande qualité comme la vôtre ne saurait tolérer un tel écart !
(Blague à part : Merci ! Pour le canard, pour les papiers et pour les grilles, vous êtes une bulle de fraîcheur bienvenue dans toute cette grisaille !) » M.L.
Balancer la pureté ?
L’article du dernier numéro « Oh pureté ! », à propos du mouvement du 10 septembre, rédigé par notre « spécialiste 4ème dan des mouvements sociaux » a suscité pas mal de retours enthousiastes. Et puis aussi des critiques, dont ces deux-la.
Contre le nihilisme de l’époque
« Je commence déjà par dire que je suis d’accord avec le fond de l’article que je ne vais donc pas tellement commenter. (...) Je rejoins l’idée que l’homogénéité souhaitée à gauche peut produire le grossissement des bancs du RN et qu’il faut nous méfier de ce que la répétition de certaines pratiques (manières d’organiser les AG, les groupes de travail, un certain vocabulaire,
etc.) peut produire d’entre-soi ou d’inefficacité. (...)
Ce qui me pose davantage question, c’est le parti pris de l’article, l’angle par lequel il aborde la mobilisation, ce perpétuel accent mis sur le « peut mieux faire ». (…) Le 10 septembre, nous étions environ 30 000 dans la rue. C’est pas rien. (...) Or qu’est-ce que j’en ai entendu par mes bons camarades ? « C’est de la merde ». Précisions : « C’était de la merde, des barrages filtrants, même pas bloquants », « c’était de la merde, on était qu’entre nous, que des têtes connues, mais où sont les gens ? », « même pas de départ en manif sauvage, c’est de la merde ». (...)
C’est de la merde et on est nuls, et tout pareil pour les AG. L’article reprend cette tendance, montrant les écueils de l’organisation de l’évènement, montrant que c’était foutu d’avance, que la gauche a du souci à se faire pour ses impensés. Or nulle part ou presque je lis ou j’entends ce qui se produit de bien, ce qui a marché (oui), ce que les luttes contemporaines apportent. Ma question est : pourquoi l’omniprésence de cet angle d’analyse ?
On appelle sans cesse au soulèvement général mais en véhiculant quasiment exclusivement des affects négatifs, étant à l’affût à chaque coin de phrase et de tentative de ce qui est en passe d’être raté. Ce ton de peut-mieux-faire (ou de je-n’aurais-pas-fait-comme-ça) est à mes yeux devenu une habitude, presque une marque de fabrique du militantisme de gauche, au même titre que celui de secouer les mains en AG. Une forme de complaisance dans le catastrophisme, comme si on ne savait plus que faire ça, dire à quel point ça va mal, en même temps qu’on condamne presque systématiquement les tentatives pour que ça aille mieux.
Nous rappeler toutes les trois phrases qu’il y a le désastre et qu’en plus on ne sait pas y faire face, et que donc le désastre ne fait que grossir, je ne sais pas qui ça fédère, en tout cas pas moi, ou alors plus maintenant. Et je pense qu’au-delà de ma sensibilité personnelle, il s’agit d’une erreur de stratégie politique, puisque manifestement, elle ne fédère pas (et ainsi on voit toujours les mêmes, ça donne de l’eau au moulin de la complainte, et ainsi de suite).
Ce ton éternellement insatisfait et inquiet épouse le nihilisme de l’époque, ne cherche pas à le subvertir. (…) On devrait faire le pari exactement inverse : parce que tout est inquiétant, alors justement il faut déplacer la focale et souligner en gras ce qui progresse ou ce qui promet. (…) Prenons en dérision les dysfonctionnements pour ne pas leur donner pignon sur rue, et prenons le risque d’accorder de la confiance aux tentatives, pour se donner envie de les rejoindre, sinon pour se donner un peu de joie. » L.
Ceinture jaune
« J’ai du mal à comprendre comment on peut être 4ème dan de mouvements sociaux et avoir le mouvement des gilets jaunes comme référence ultime ? Les gilets jaunes je dirais c’est ceinture bleue grand max.
D’ailleurs quand on voit la qualité de l’analyse je pense qu’on n’a même pas la ceinture orange, car critiquer l’entre-soi des anti oppression en négligeant (volontairement ?) l’action excluante des propos oppressifs relève d’une pirouette assez catastrophique. Prenons l’exemple du racisme. Autoriser les propos et actes racistes dans le mouvement entraîne la désaffection du mouvement par les racisés. On retrouverait alors une autre forme d’entre-soi : celle des non-racisés. Il y a donc à choisir entre deux entre-soi, mais il ne sera jamais possible de réunir tout le monde, sauf à ce que le racisme disparaisse. Si vous le comprenez, et d’ailleurs ce n’est pas pour rien que la caricature associée parle d’antispécisme (les animaux ont bon dos) car vous n’auriez jamais osé en publier une sur le thème du racisme, c’est un des prérequis pour la ceinture orange donc bravo. Sinon c’est ceinture jaune, ça ira avec le gilet. » S.



