Accueil > Printemps 2026 / N°80

Courrier

Râlerie intergénérationelle

« Mon grand-père aime bien râler, alors je me suis dit que l’abonner au Postillon lui donnerait une bonne raison de râler. En plus, comme moi aussi je suis abonné on pourra râler ensemble ! Une bonne façon de créer du lien entre les générations » B.

Pas de mordant

« Bonjour postilloneurs ! Je n’ai pas renouvelé mon abonnement parce que votre journal m’ennuie : il me tombe des mains. Bon, soit, vous apportez des informations critiques sur quelques crapuleries petites ou grandes… C’est bien mais c’est complètement insuffisant pour constituer un souffle, un élan… Vous pourriez, par exemple, organiser des jeux. Peut-être publier dans chaque numéro les plus belles listes de conneries, des âneries, des sornettes, des saloperies observées dans Grenoble et ses environs… Cette proposition est insuffisante. Vous pouvez aussi vous mettre en quête d’autres propositions analogues. J’ai 80 ans. Merde, c’est à vous, les jeunes de nous faire rigoler ! (…) Ma compagne soutient mon propos : il n’y a pas vraiment de MORDANT dans votre truc. J’ajoute que votre principal dessinateur pourrait avoir un style ressemblant à celui de Reiser mais c’est moins agressif et nettement plus déprimé… Sans espérer vous convaincre, je vous dis ce que d’autres vous ont déjà dit : Grenoble est ennuyeux parce que c’est plein de riches qui sont tristes à mourir. Parlez-nous d’autres choses ! » J.P.

(courrier papier finalement accompagné d’un chèque de réabonnement)

Fan-club des sixties

« Si je vous envoie un vrai courrier avec papier et stylo, c’est pour vous remercier. Je connaissais votre journal pour l’avoir vu régulièrement posé à côté de la caisse de mon magasin préféré de Bourg-d’Oisans. Je viens d’acheter le dernier numéro attirée par une Une réjouissante et les sujets annoncés. Et je l’ai lu entièrement. Non seulement je ne suis pas déçue mais je suis très admirative de votre travail. Des sujets passionnants (c’est pas Le Daubé), des dessins humoristiques qui m’ont fait rire, un traitement exigeant de l’actualité de la cuvette grenobloise, un esprit militant sans mépris pour quiconque (chapeau !). Vivement le prochain numéro !
J’ajoute que j’ai 72 ans (précision de peu d’intérêt que j’indique seulement pour vous montrer que votre journal sait attirer des publics variés). Longue vie au Postillon. » E-L.

Suites du sondage participatif

Dans le dernier numéro, on lançait un « sondage participatif  » sur la pertinence de continuer à alimenter notre site internet, au risque d’être pillés par l’intelligence artificielle. Merci pour toutes les réponses reçues ! On n’a toujours pas tranché sur notre décision, en attendant, on vous fait lire quelques unes de ces réponses...

Supprimer notre site ?*

« Commençons par les habituelles critiques dithyrambiques : votre journal est de loin le meilleur journal local jamais lu (ça, facile) mais aussi l’un des meilleurs journaux d’investigation (y compris les nationaux) que je connaisse. Vous lire est toujours un plaisir ! Bref, passons au sujet de cette lettre : le sondage du dernier numéro “Faut-il nourrir l’IA ?” […] Il me semble que les questions que vous vous posez quand vous dites “Pour ou contre alimenter l’IA” sont en fait :
– Est-ce que j’accepte que l’info que je délivre ne m’appartienne plus ?
– Est-ce que la diffusion de celle-ci est plus importante que la reconnaissance de mon travail ?
– Est-ce que j’accepte que mon travail soit mêlé à d’autres dont je ne maîtrise pas la qualité ?
Et ça, mes petits potes, il me semble que c’est à vous plutôt qu’à votre lectorat d’y répondre. […]
Si vous décidez que vous êtes inconditionnellement contre l’IA, il me semble que la seule et unique manière de ne pas la nourrir serait de supprimer votre site internet (pour lui couper l’accès à vos ressources). Or ce n’est pas l’une de vos propositions. Vous nous demandez de choisir entre “donner toutes les infos à l’IA” ou “donner une partie seulement”. Pourquoi ce choix ? J’avoue ne pas comprendre. Si l’on part du principe que l’IA est objective et exhaustive dans sa synthèse, ne vaut-il pas mieux lui donner toutes les infos ? Et si l’on part du principe qu’elle ne l’est pas... Honnêtement je ne suis pas sûre que votre journal socialo anti-tech et anti-IA soit dans ses sources préférées ! À ce moment là, quel est donc l’intérêt de ne délivrer qu’une partie de vos articles ? L’autre option pour les inconditionnels anti-IA serait de supprimer celle-ci, mais soyons lucides, ce n’est certainement pas un pouvoir mis entre les mains du Postillon et de ses lecteurs ! » M. C.

Arrêt pas total*

« Abonné à votre journal depuis quelques numéros, mon abonnement ne doit rien à internet. C’est en lisant la rubrique “Dans les revues” du Monde Diplomatique que je me disais depuis un moment déjà “Faut que je m’abonne”. C’est désormais chose faite et je lis Le Postillon de bout en bout avec grand plaisir. […] Plutôt antinumérique (j’ai un tel de 2009 en 2G), je rectifie toujours le terme IA par “traitement de la massification des données”, et si on appuie sur le bouton dématérialisation, je suis vite très long, sur les mines au Congo notamment. Je serais donc plutôt pour l’arrêt total de la mise en ligne de nouveaux articles, mais comme dans total il y a totalitarisme et que ça ne me plaît pas non plus, je serais favorable à la publication de quelques articles, ce qui aurait pour avantage de toucher de jeunes lecteurs férus des écrans, et les amener peut-être à vouloir découvrir plus en version papier. » J.M.

Le cadeau empoisonné du « village préféré des français »

Un lecteur nous fait partager son dépit : « Mon village Saint-Antoine-l’Abbaye a été élu “village préféré des Français” 2025 par un jeu télé de Stéphane Bern. C’est la mairesse du village qui a candidaté, sans consulter personne, ce qui a suscité beaucoup de mécontentement notamment des commerçants, restaurateurs, personnel du musée départemental ou habitants. Cette mairesse a une gestion de la commune assez autocratique ce qui crispe pas mal de monde. Parmi les problèmes occasionnés il y a surtout l’afflux énorme de touristes supplémentaires (problèmes de parking, de flux de circulation, de manque de personnel…) et pour la commune : très peu de bénéfices ». Il s’avère en effet que ce prix très recherché est en fait une sorte de cadeau empoisonné pour les communes le recevant. Un article de La gazette des communes (3/09/2018) raconte le cas de Cassel, dans le Nord ou « petit à petit les maisons du village deviennent des boutiques qui ouvrent en avril et ferment en novembre [...]. Certains habitants, dérangés jusque dans leurs maisons par les touristes, ont préféré s’installer à l’extérieur du village… et proposer leur maison en location touristique.  » Saint-Antoine-l’Abbaye était déjà en bonne voiee pour être « un village de boutiques, un village-musée », et cette distinction ne fait qu’accélérer le mouvement. Jusqu’à changer le nom en Saint-Antoine-l’Airbnb ?

IA partout, écologie nulle part

Un lecteur et une lectrice nous font part de leur indignation face aux choix technophiles de la Smmag, l’autorité organisant les transports métropolitains.

« Il y a quelques semaines, j’ai été surpris par les récentes publicités mises en avant par M Réso pour promouvoir le réseau de transport local car elles me semblaient avoir été générées par l’IA. Après leur avoir envoyé un e-mail, j’ai reçu une réponse affirmative : l’entreprise utilise bel et bien l’IA pour ses mises en situation. L’utilisation de cette technologie me paraît en totale contradiction avec les enjeux écologiques et sociaux (sans parler des problèmes éthiques) promus par M Réso et l’agglomération grenobloise en général, d’autant plus que son usage n’est indiqué nulle part sur les images concernées. […] J’ai le sentiment qu’il serait important pour le public grenoblois de savoir que son réseau de transport utilise cette technologie par manque de temps ou de moyens, mais je ne sais pas comment diffuser cette information. Je suis aussi conscient que les Grenoblois aiment une écologie “compost vélo rando” qui ne pointe pas du doigt l’impact pourtant réel et documenté de l’industrie informatique... » E.

« Sur la ligne de bus C7, j’ai voulu consulter les horaires à l’arrêt de bus où je me trouvais. J’ai eu la mauvaise surprise de voir que l’affichage des horaires avait été remplacé par un QR code. Je ne possède pas de téléphone portable avec un abonnement me permettant de me connecter à Internet via le réseau 4 ou 5 G. Je ne suis certainement pas la seule dans ce cas. Je n’ai donc pas pu accéder à l’information sur les horaires de passage du bus. Je trouve regrettable que MRéso (et plus généralement notre société) oblige les personnes à utiliser toujours plus les réseaux numériques, alors qu’on connaît les ravages causés par cette technologie pour les humains et la biosphère. » S.