Accueil > Décembre 2016 / N°38

Et si l’affichage sauvage renflouait les caisses de la ville ?

On le sait : la mairie de Grenoble est à la recherche de sources de financement. Toujours à la pointe de l’innovation sociale, elle aimerait aujourd’hui ramener de la caillasse en faisant raquer les petites structures pratiquant l’affichage sauvage pour faire connaître leurs activités. Ainsi, le site internet Le Tamis (www.le-tamis.info, présentant « ce qu’il y a d’autre à Grenoble ») et le squat du 38, rue d’Alembert ont reçu des courriers du service « droits de voirie » de la ville leur reprochant d’avoir « collé de nombreuses affiches sur le mobilier urbain de la ville (candélabres, feux,…) et murs d’habitation », et les menaçant de lancer «  à leur encontre une procédure de mise en demeure de supprimer les affiches, sous astreinte d’environ 200€ / jour / affiche maintenue au-delà d’un délai de 15 jours. Parallèlement, votre dossier est également transmis au Préfet et au Procureur de la République pour instruction et éventuellement sanction pénale. Avant de lancer cette procédure, vous avez jusqu’à mercredi 5 octobre - 8h pour enlever l’ensemble de vos affiches. Passé ce délai, la procédure de sanction sera lancée. » On a calculé : avec 200€ / jour /affiche, il suffirait par exemple que cent affiches restent collées pendant vingt-cinq jours, pour que la mairie puisse payer la Fête des Tuiles (coûtant environ 500 000 euros). Et il suffirait de seulement 125 affiches collées pendant un jour pour rembourser les 25 000 euros que la mairie octroie au Street Art Fest de Grenoble. à moins que les colleurs d’affiches sauvages réussissent à présenter ça comme du street-art© ? Au Postillon, on craint dégun : nos affiches sont tellement belles que nous n’aurions aucun mal à les faire passer pour des œuvres d’art et obtenir un soutien financier de la mairie.