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La « liberté de parler » mais pas de critiquer

Connaissez-vous l’« Academic Freedom of Speech » ? Le président de l’Université Grenoble Alpes (UGA), Yacine Lakhnech, s’en fait le plus fervent défenseur. Ce mardi 3 février, il recevait publiquement son homologue taïwainais pour parler microélectronique. Dans sa présentation rigoureusement partiale, il défendait la nécessité de soutenir l’innovation dans cette industrie, et tout spécialement pour mieux fournir les militaires. Il eu ensuite l’audace d’insister tout aussi vivement sur l’importance de l’« Academic Freedom of Speech ». Un auditeur lui somma « d’arrêter de nous rabattre les oreilles  » avec la liberté d’expression en lui rappelant qu’il venait tout juste de signer un arrêté pour interdire une conférence sur les liens entre les labos et la guerre sur le campus (voir ici). Pas dégonflé, Lakhnech justifia sa censure par l’absence de « rigueur scientifique » de cette conférence. Le lendemain, au Tech&Fest, avec une rigueur scientifique exemplaire, il signait un accord de coopération avec STMicroelectronics pour mettre plus d’étudiant-es et de chercheur-es de son université au service des puces et de « permettre à ST de tenir une position privilégiée dans le développement de la microélectronique du futur ». La liberté d’expression, ok, mais seulement si le président la trouve assez « scientifique » – ou qu’elle est assez productive en puces...