Des oignons de Nouvelle-Zélande ! Dans un supermarché grenoblois, on a vu des oignons de Nouvelle-Zélande… On savait déjà que les éleveurs de moutons français étaient concurrencés par leurs homologues néozélandais – des élevages de 10 000 têtes et plus, sans prédateur, ça tire les prix vers le bas – depuis la signature honteuse d’un accord de libre échange entre la France et la Nouvelle-Zélande pour « réparer » l’attaque du Rainbow Warrior. Exporter de la viande de mouton depuis l’autre bout du monde, c’est déjà scandaleux, mais c’est un produit avec une certaine valeur par rapport à son poids. Mais faire faire 20 000 kilomètres à des oignons… Cette folie des transports incessants de marchandises sur toute la planète est néanmoins en pleine expansion. Depuis l’automne dernier, en Isère comme ailleurs, les manifestations d’agriculteurs se multiplient contre l’entrée en vigueur du Mercosur, l’accord de libre-échange avec l’Amérique latine. Sur ce sujet, les syndicats agricoles sont unanimement contre. Mais alors qui est pour, à part les lobbyistes européens ? Eh ben les patrons, pardi. Dans une interview au Daubé (28/01/2026), la patronne du Medef Isère Sophie Sidos martèle : « L’Isère a tout à gagner » avec le Mercosur. Mais pourquoi ? « On ne peut pas se priver d’un accès à un marché qui englobe 700 millions de consommateurs et on a besoin de diversifier nos partenaires. » Parmi les secteurs d’activité isérois qui pourraient profiter du Mercosur, elle cite les produits textiles « de haute technicité », la Chartreuse, l’électronique ou la chimie. Les oignons chiliens vont ainsi peut-être remplacer les oignons néozélandais dans nos étals, et eux vont pouvoir se bourrer la gueule à la Chartreuse plutôt qu’au Pisco. Des milliers de kilomètres dans un sens comme dans l’autre et au final, seuls les patrons profitent de ces marchés de « millions de consommateurs ».
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