Parmi les réactions suite à notre article sur les gigantesques travaux prévus sur le Drac), il y a celle de Guy, qui chronique chacun de nos numéros sur son blog : « Leur critique de l’hydro-électricité à cause des travaux envisagés dans le Drac me semble bien dérisoire, quand par ailleurs ces anti-nucléaires peuvent aussi faire la fine bouche à propos des panneaux photovoltaïques et sans doutes des éoliennes. »
Effectivement, globalement on est assez « fine bouche », surtout parce qu’en ce moment les énergies « vertes » ne servent pas à remplacer le nucléaire et les centrales à charbon mais à produire toujours plus d’énergie, notamment pour les besoins de la fameuse « transition numérique » prétendument écologique. Avec une consommation finale annoncée à 1 GW, le futur supercalculateur d’Eybens (voir nos ici, ici et ici) utilisera ainsi toute l’électricité produite par tous les barrages du Drac… Alors l’urgence est d’abord d’arrêter de créer ces nouveaux besoins énergivores et d’enclencher une grande décroissance énergétique. Ensuite, pour les besoins vraiment essentiels, il faudra en effet discuter de quelle est la source d’énergie la moins pire.
Et puis, Laurent nous écrit pour « révéler quelques erreurs sur le sujet de l’hydroélectricité et de la gestion de crue », notamment à propos de notre idée de se servir davantage des barrages pour réguler les crues (et donc éviter d’avoir à raser les îles du Drac). Selon ses calculs, le barrage de Monteynard (pouvant retenir « 275 millions de m3 d’eau » selon lui) ne pourra jamais contenir la quantité d’eau générée par une crue centennale s’élevant à « 467 millions de m3 ». Il en conclut que « fermer les bonnes vannes au bon moment n’est pas une solution ».
Mais on persiste ! Parce que déjà l’idée n’est pas bien sûr de stocker toute la crue centennale dans les barrages mais d’en retenir temporairement une partie, pour que ce qui descend dans la rivière soit supportable par les digues en aval. Et que dans ses calculs Laurent a oublié les autres barrages en amont, sur le Drac, l’Eau d’Olle ou la Romanche. Et enfin parce qu’à la réunion publique du 8 octobre organisée par le Symbhi (planifiant les travaux à venir), une des responsables a reconnu qu’il était possible d’amoindrir les crues avec les barrages, même si selon elle « cela ne suffirait pas pour les grosses crues ». Mais ce qui semble déterminant pour ces dernières, c’est bien plus le renforcement et le rehaussement localisé des digues que de raser les îles. « L’arasement des bancs » ne ferait baisser que « de 40 à 60 cm » la ligne d’eau : l’intérêt, selon elle, est avant tout pour la « biodiversité », les bancs de galets étant un écosystème assez « rare ». Les autorités veulent donc couper des arbres et raser des îles « pour la biodiversité ». Mais pour la sécurité contre les inondations, c’est complètement possible de les garder !

