Accueil > Février 2018 / N°44

Olivier Véran & l’hôpital qui bout d’austérité

On a l’impression que les pires choses arrivent inéluctablement. Que c’est le sens de l’histoire. Depuis une vingtaine d’années, par exemple, le système de santé français se dégrade petit à petit, entraînant des conditions de travail de plus en plus dures pour les soignants et « en même temps » des prises en charge de moindre qualité pour les soignés.
Cette évolution n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, personne ne se présentera aux élections en disant « je veux flinguer l’hôpital public » ou « je veux que les vieux meurent dans leur caca dans des Ehpad en sous-effectifs ». Et pourtant cette évolution gouverne.
Cette lente dégradation est la conséquence de choix politiques et économiques. Ces choix, ils sont faits par des humains, des vrais. Bien souvent, il n’y a pas de grands leaders, personne à désigner pour dire « c’est sa faute », mais plein de bons soldats qui chacun « font leur part ». Ils votent des baisses de budget, ils appellent sans cesse à des « réorganisations » ou « modernisations » guidées par la seule quête de la rentabilité, ils ignorent les contestations, ou les écoutent avec « bienveillance » sans rien remettre en cause. En Isère, on a un cas d’école avec Olivier Véran, le député macroniste de la première circonscription de l’Isère. Le bébé-Fioraso est également neurologue à l’hôpital de Grenoble, désormais dénommé Chuga (CHU-Grenoble Alpes). Alors l’hôpital il connaît bien, mais jusqu’à ce qu’une grave crise éclate cet automne à celui de Grenoble, il accompagnait avec zèle baisse du budget et libéralisation.

Les projecteurs de l’Assemblée nationale sont braqués sur Olivier Véran, ce mardi 19 décembre 2017. Les rides du front saillantes, le député prend l’air grave du médecin annonçant un diagnostic préoccupant : « J’étais hier, comme tous les lundis matin au CHU de Grenoble, en blouse blanche, pour des consultations publiques. (…) En sortant, je me suis rendu à la rencontre d’une délégation de plusieurs dizaines de blouses blanches qui s’étaient mobilisées pour dire leur inquiétude. Vous savez, madame la ministre, le contexte que nous connaissons à Grenoble est terrible, après le décès d’un jeune confrère neurochirurgien (…) retrouvé mort dans son bureau. La demande des blouses blanches que j’ai rencontrées est finalement assez simple, qu’on leur donne la capacité d’offrir des soins de qualité à leurs malades, et de remplir pleinement leurs missions. Parfois, il existe des tensions autour du financement des soins, parfois il existe des tensions entre les médecins entre eux (...), parfois enfin, il existe d’authentiques situations de harcèlement professionnel (…). Il y a des situations de souffrance professionnelle qui nécessitent qu’on leur réponde. »

Il est malin, cet Olivier Véran. En une question posée à la ministre de la Santé, il est parvenu à se donner le beau rôle. Celui de lanceur d’alerte, de porte-voix de la souffrance des soignants.
Il aura fallu pour ça un suicide. Le 2 novembre, le neurochirugien Laurent Selek se donne la mort à l’hôpital. Ça fait mauvais genre, pour un hôpital vanté par le même Olivier Véran comme étant un « magnifique CHU qui fait la fierté de son territoire ».

L’attention s’est alors cristallisée sur les conditions de travail à l’hôpital de Grenoble, même si le député a tenu à préciser : « si je vous dis cela, ce n’est pas du tout pour incriminer Grenoble. Cela est valable pour bien des établissements  ». Pour couper court à l’émotion, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, a dû frapper fort. Le lendemain du suicide, elle s’est empressée d’envoyer son Monsieur Concertation, un certain Édouard Couty. Ce spécialiste des questions de santé a eu pour mission de dresser le bilan social et d’ouvrir des pistes d’apaisement.

Au micro de l’Assemblée, Olivier Véran conclut son intervention : «  Vous engagez-vous à rendre publiques les conclusions du rapport Couty ? Et quelles actions concrètes comptez-vous mener pour lutter contre la souffrance des saignants, euh…[NDR : lapsus révélateur ?] soignants ? Nous devons prendre soin de celles et ceux qui prennent soin de nous au quotidien. Merci. »

Une alerte opportuniste

Non, rien à dire : il a bien joué son coup, Olivier Véran. Juste avant que la cocotte-minute n’explose, il est parvenu à se placer dans le rôle de la soupape.

Pourtant, ça fait un moment que la troupe hospitalière est visiblement exténuée. Si le suicide du neurochirurgien a braqué les projecteurs, Olivier Véran aurait dû être au courant depuis de nombreux mois. L’an dernier, des infirmières avaient défilé pour dénoncer « le manque de personnel et de moyens, l’épuisement professionnel, la course à la rentabilité ». Les syndicats et le CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions au travail) ont plusieurs fois alerté sur la souffrance au sein du CHU. « En 2016, une soignante avait ingéré de nombreux médicaments pour tenter de se suicider à Grenoble », assure Marc-Eybert Guillon, délégué départemental CGT.

Olivier Véran n’était-il pas au courant de ce mal-être ? Cela semble peu probable pour quelqu’un qui ne manque pas une occasion de rappeler qu’il bosse toujours à l’hôpital (société civile représente), et qui joue sans arrêt au premier de la classe irréprochable. Pourtant il n’a quasiment jamais abordé la souffrance des soignants ou le harcèlement, ni dans ses tracts de campagne, ni dans ses interventions médiatiques, ni dans les nombreux rapports qu’il a rendus sur le sujet.

Car si Olivier Véran a été pour la première fois élu député en son nom en juin dernier, ça fait longtemps qu’il baigne dans le marigot des hautes instances de la santé.

Ambitieux depuis toujours

Alors qu’il était interne en médecine, Olivier Véran milite à l’Intersyndicale nationale des internes des hôpitaux (ISNIH) au sein de laquelle il monte très vite les échelons. En 2007, il devient porte-parole et vice-président national du syndicat tout en étant chef de clinique assistant. C’est à cette époque qu’apparaît la loi Bachelot (du nom de l’animatrice télé qui fut ministre de la Santé) où le gouvernement invente une toute nouvelle organisation de l’hôpital, qui devient dépendante de l’ARS (Agence régionale de santé).

À l’époque, le syndicat auquel appartient Olivier Véran n’est pas en première ligne de la contestation : « L’ISNIH ne souhaitait pas combattre la loi Bachelot sur sa réorganisation de l’hôpital public. J’en ai discuté avec Olivier Véran qui avait une vision plus tolérante de la loi, pensant qu’elle allait permettre de redonner à l’hôpital un certain nombre de pouvoirs organisationnels », se remémore le chirurgien Didier Legeais, qui «  pense que le mal-être à l’hôpital le touche. Mais je pense aussi qu’il a sous-estimé le pouvoir malveillant d’une administration sous pression comptable.  »

En 2010, au bout de douze années d’études, Olivier décroche son diplôme de neurologue, tout en ayant déjà pris attache avec les hautes sphères de l’univers médical français. Il participe à la rédaction de différents rapports pour Xavier Bertrand, ministre de la Santé, dont l’un porte sur «  l’exercice médical à l’hôpital », où il rencontre de nombreuses personnalités. Pour renforcer son CV, il retourne à l’école, à Science-Po Paris, pour valider un Executive Master de «  gestion et politiques de santé  » (à 18 900 euros l’année aujourd’hui), où il rencontre Édouard Couty, professeur dans l’institution.

Paré de ses atouts intellectuels, il tape dans l’œil de Geneviève Fioraso, députée PS sortante en 2012, qui se cherche un suppléant. Depuis cette rencontre, le médecin restera très proche de « Geneviève », devenue une mentor. Quand elle exhibe sa prise de guerre, la députée ne récolte que des compliments auprès de ses militants PS. « On a été séduits par son énergie », se remémore Patrice François, ex-suppléant de la députée de la 1ère circonscription. Après la victoire de François Hollande en 2012, Geneviève Fioraso (avec Olivier Véran en suppléant) est logiquement élue à l’Assemblée. Mais comme elle a été nommée un peu plus tôt ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Olivier Véran se retrouve directement à siéger sur les bancs de l’Assemblée. Durant ses deux ans et demi d’activité, il participe très activement aux politiques de santé menées par le gouvernement Ayrault. « C’est un mercenaire et un bon élève, avec un certain talent dans les médias », analyse Stéphane Gemmani, centriste qui l’a soutenu aux législatives avant de s’en éloigner.

Bon petit soldat de l’austérité

Après être devenu rapidement membre de la commission des affaires sociales, il fait parler de lui, notamment en s’activant contre les « déserts médicaux », sujet de son master, tout en habitant à Corenc, la commune la plus riche de l’agglomération grenobloise, où résident quantité de médecins, chirurgiens, anesthésistes et autres haut-gradés du domaine médical (voir Le Postillon n°19). Il est par ailleurs missionné pour différentes affaires : la filière du sang, les dérives de l’intérim médical en 2013 (un rapport qu’il a réussi à rendre très médiatique), puis poursuit sa carrière comme rapporteur du volet « Assurance maladie  » du Plfss (Projet de loi de financement de la sécurité sociale) de 2014 et enfin rapporteur du volet Prévention de la loi Santé au début de l’année 2015.

C’est à ce moment que Marisol Touraine, ministre de la Santé, sort un sabre affûté de son fourreau et découpe le budget alloué aux hôpitaux. En février 2015, elle demande 3 milliards d’euros d’économies dans le cadre du pacte de responsabilité, «  en maîtrisant la masse salariale, en mutualisant les achats dans les hôpitaux, et en favorisant les rapprochements entre hôpitaux voisins ». Face à l’injonction budgétaire, Olivier Véran suit le troupeau socialiste et agit au cœur de la machine parlementaire.

En 2014, il propose de désengorger les hôpitaux en mettant en place des « hôtels hospitaliers », des établissements privés, proches des hôpitaux, pour que les patients dorment là-bas plutôt qu’à l’hôpital. Cette mesure dont le but est avant tout d’économiser de l’argent suscite pas mal d’oppositions. « La direction veut jusqu’à 70 % d’opérations en ambulatoire. Un lit coûte cher (1 500 euros par jour environ), alors l’idéal est que vous restiez quelques heures, puis l’on vous déplace à l’hôtel », décrypte Marius Bonhoure, syndicaliste à la CGT au CHU de Grenoble. Le chirurgien Didier Legeais, syndiqué à l’Union des Chirurgiens de France, est plus ému : « Je suis très triste de voir qu’on abandonne la relation inter-humaine pour une relation technique. »

Les sous et les soins

La technique, Olivier Véran aime cela. Notamment quand elle est politique. Après sa courte carrière parlementaire (Geneviève Fioraso quitte son ministère en avril 2015), le médecin remet la blouse, mais reste sérieusement accroc à la politique. Il tente d’abord les élections départementales (en mars 2015), mais se loupe. Puis, lors des régionales de 2015, il survit à la vague Wauquiez en étant élu comme conseiller régional.

Ce nouveau poste vient s’ajouter à une mission sur la tarification à l’activité (T2A). Qu’est-ce que c’est que ce machin ? «  La T2A donne des objectifs chiffrés et économiques sur le soin, nous explique le syndicaliste Jérôme Marty, avec des cadences très soutenues dans les blocs opératoires. Face à cela, on arrive à un manque de personnel et un manque de moyens. » Olivier Véran a une position ambiguë vis-à-vis de la T2A. S’il explique que des modes de facturation doivent évoluer à certains endroits, il ne remet aucunement le système général en cause. Un système qui vise à « faire le meilleur parcours de soins, avec le minimum d’argent. Mais je ne vois pas de critique sérieuse de cette gestion qui aggrave cette mise en concurrence », analyse le syndicaliste Marc Eybert-Guillon, qui enchaîne : « On entend beaucoup Olivier Véran sur la souffrance à l’hôpital mais il vote toute la casse du système de protection sociale ! Il est l’auteur d’un rapport sur la tarification à l’activité pour soi-disant la réformer. Mais on l’attend toujours cette réforme ! ». Si les missions d’Olivier Véran ne font donc qu’accompagner la dégradation de l’hôpital public, elles ont au moins le mérite de rendre important le médecin de Corenc.

Arrive 2017, et la percée de Macron, qui charme Olivier Véran, dont le profil est caricaturalement macroniste. Le problème, c’est qu’il a été investi par le PS pour les législatives. Alors il entretient un moment l’ambiguïté entre la fidélité au vieux parti et la déclaration d’amour à la start-up macronienne, le temps d’être persuadé du meilleur endroit où épanouir ses ambitions. Finalement, quand Macron passe en tête des sondages, il se met à jouer la carte En Marche à fond.

Presque-ministre

Jusqu’à s’imaginer ministre de la Santé. « À Paris, il a fait campagne pour devenir ministre, et il s’en est vanté devant la presse parisienne  », nous précise une source anonyme. En tout cas, son nom apparaît dans toute la presse et la mayonnaise monte. Il y croit dur. A un moment, il appelle même un ami pour lui confier, dépité : « J’ai peur de n’être que secrétaire d’État. » Dommage, il loupe aussi ce poste. « Quand il n’est pas nommé ministre, il explique aux journalistes en “off” qu’il est déçu. Puis, en “on”, il est hyper content pour Agnès Buzyn », nous raconte dans un sourire la même source. En cinq ans de carrière politique, il a en tout cas vite appris les codes, et repris les mêmes travers que ceux de « l’ancien monde » : «  C’est une génération qui va rester un certain temps dans le paysage. Ce qui est désolant, c’est qu’il a le même esprit d’apparatchik, de baronnie qu’avant. S’il est issu de la société civile, il a tout de même adopté l’attitude du pire de “l’ancien monde”  », tacle Stéphane Gemmani.

Passée la déception, il redevient vite suractif et fait tout pour imposer son visage parmi la foule de nouveaux députés. Depuis juin, pas une semaine ne passe sans qu’il n’apparaisse dans les médias. Et jusqu’en novembre il ne dit rien sur la souffrance en milieu hospitalier et sur ses causes. « Le gouvernement qu’il soutient n’a pas prévu de remettre en question la loi Touraine, qui continue d’imposer une administration toute puissante qui brise les hommes et les femmes », constate Didier Legeais. Olivier Véran est même rapporteur du budget de la Sécurité sociale, dont l’objectif de tailler à hauteur de 1,6 milliard d’euros en 2018, après trois milliards d’économies déjà réalisées les trois dernières années. Au programme donc pour l’hôpital : fermeture de lits, développement de la médecine ambulatoire, baisse des effectifs... La Fédération hospitalière de France (FHF), qui regroupe un millier d’établissements de santé publique en France, alarme : «  Entre un énième plan d’économies et une absence de vraies réformes de structure, c’est la qualité des soins qui est aujourd’hui menacée. L’hôpital ne peut pas être à la fois le pilier du système de santé et l’unique variable d’ajustement économique. »

Depuis son intervention à l’assemblée, les rides du front d’Olivier Véran vont mieux. Début janvier, elles s’étaient même effacées derrière un sourire. Il a l’air d’avoir oublié ces problèmes de souffrance au travail pour se re-concentrer sur ce qui le préoccupe vraiment : sa carrière. Le député s’affichait lors d’un voyage en Chine où il a vendu l’excellence française dans le domaine médical aux côtés d’Emmanuel Macron. Au programme : « présentation du modèle français de recherche et d’innovation en santé, e-santé, intelligence artificielle à des investisseurs chinois ». Leur a-t-il parlé de la souffrance au travail à l’hôpital de Grenoble ?

Un rapport pour faire taire la contestation ?

Suite au suicide du neurochirurgien Laurent Selek, l’omerta qui régnait jusqu’alors au CHU vole en éclat. Les membres des services de réanimation, d’endocrinologie-diabétologie ou encore de pédiatrie dénoncent précisément la «  course à la rentabilité  ». Dans ce dernier service, une médecin rapporte à L’Humanité (19/12/2017), qu’à chaque bilan, elle s’entend dire : « Savez-vous, docteur, combien votre activité a fait perdre d’argent au pôle cette année ? », ou encore : « Des consultations de 45 minutes de diabétologie, ce n’est pas rentable. Il faut faire des consultations plus rapides ou plus souvent.  »
Le rapport rendu par Edouard Couty, mi-janvier est cinglant : « Le discours gestionnaire, de rigueur, qui adopte souvent les mots (et les anglicismes) du management de l’entreprise n’est compris et admis que lorsque s’est instaurée au préalable une relation de confiance.  » Plus loin : «  Le style du management qui maintient de manière permanente une certaine pression sur les équipes et qui priorise le résultat mesuré à l’aune d’indicateurs d’activité et de produits ou d’indicateurs de consommation de moyens doit s’infléchir, sans laisser de côté l’aspect économique et financier, vers un management plus orienté sur la confiance.  » S’il met des mots sur la souffrance des cadres (il ne parle quasiment pas des infirmières et autres petits employés), Édouard Couty ne nie aucunement les nécessités de la pression budgétaire. Face à l’état de fait, il conseille juste un dialogue social apaisé. Logiquement, le rapport fait sourire Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre. Ce connaisseur des questions de santé compare le travail de Couty, à un «  éteignoir. (...) Lorsque l’administration veut enterrer un problème, elle monte une commission ou envoie édouard Couty  ». Suite au rapport, la direction du CHU a annoncé vouloir « modifier son mode de gouvernance ». Sans doute cela entraînera quelques changements salvateurs, mais sans décision politique forte de donner aux soignants les moyens de bien faire leur travail, les maux devraient perdurer encore longtemps.

Clinatec et la course à l’innovation

« Un magnifique CHU qui fait la fierté de son territoire » ? C’est ainsi qu’Olivier Véran parle de l’hôpital de Grenoble. Il fait en tout cas visiblement plus la fierté des élus du coin, que des salariés y travaillant. Un esprit sain pourrait considérer que les hôpitaux devraient être épargnés de la compétition internationale, et de la course aux résultats, aux articles de presse, à l’innovation tous azimuts. Et pourtant, les responsables actuels portent beaucoup plus d’attention aux feux médiatiques qu’au bien-être des salariés. C’est cette raison qui les a par exemple poussés à changer de nom, et à abandonner le ringard « CHU de Grenoble » pour adopter le très moderne Chuga (CHU Grenoble-Alpes). Et c’est aussi pour cette raison que la direction met beaucoup plus de moyens sur la recherche de premières médicales que sur les conditions de travail des soignants et l’accueil des malades ordinaires. Le symbole de cette fuite en avant vers des résultats « vendables » est le centre de recherche Clinatec, dont le CHU est un des principaux partenaires avec le CEA de Grenoble. Ouvert depuis 2012 dans le but de travailler sur les maladies du cerveau, ses équipes travaillent sous la pression permanente de son fondateur Alim-Louis Benabid, désireux de parvenir à tout prix à des résultats spectaculaires pour espérer avoir le prix Nobel. « Sommés de fournir des résultats sans en avoir les possibilités techniques, plusieurs employés ont connu ou frôlé le “burn-out” », écrivions-nous dans un article du Postillon n°32 qui racontait les tensions, souffrances et arrangements avec l’éthique qu’entraînait cette course au résultat.