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Articles de ce numéro

  • Olivier Véran & l’hôpital qui bout d’austérité

    On a l’impression que les pires choses arrivent inéluctablement. Que c’est le sens de l’histoire. Depuis une vingtaine d’années, par exemple, le système de santé français se dégrade petit à petit, entraînant des conditions de travail de plus en plus dures pour les soignants et « en même temps » des prises en charge de moindre qualité pour les soignés.
    Cette évolution n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, personne ne se présentera aux élections en disant « je veux flinguer l’hôpital public » ou « je veux que les vieux meurent dans leur caca dans des Ehpad en sous-effectifs ». Et pourtant cette évolution gouverne.
    Cette lente dégradation est la conséquence de choix politiques et économiques. Ces choix, ils sont faits par des humains, des vrais. Bien souvent, il n’y a pas de grands leaders, personne à désigner pour dire « c’est sa faute », mais plein de bons soldats qui chacun « font leur part ». Ils votent des baisses de budget, ils appellent sans cesse à des « réorganisations » ou « modernisations » guidées par la seule quête de la rentabilité, ils ignorent les contestations, ou les écoutent avec « bienveillance » sans rien remettre en cause. En Isère, on a un cas d’école avec Olivier Véran, le député macroniste de la première circonscription de l’Isère. Le bébé-Fioraso est également neurologue à l’hôpital de Grenoble, désormais dénommé Chuga (CHU-Grenoble Alpes). Alors l’hôpital il connaît bien, mais jusqu’à ce qu’une grave crise éclate cet automne à celui de Grenoble, il accompagnait avec zèle baisse du budget et libéralisation.

  • Grenoble école de l’hypocrisie bienveillante

    Demain, c’est loin, mais 2020 c’est à portée de main. À deux ans de l’échéance, le bal des ambitions a déjà commencé pour les prochaines élections municipales grenobloises. Parmi les postulants inattendus, on a dernièrement vu sortir du bois patronal Loïck Roche, le directeur de la très chère Grenoble école de management (GEM). Ces dernières années, il promeut sans cesse les théories du management bienveillant et du bien-être au travail. Applique-t-il ces théories au sein de sa propre structure ? Le Postillon a rencontré quelques salariés de Gem et vous propose un voyage au sein de cette nouvelle hypocrisie novlanguesque.

  • Numérique : mais qu’est-ce qu’on attend ?

    « S’opposer au numérique inclusif, c’est s’opposer à la liberté des esprits. » C’est un tweet de Mounir Mahjoubi, député En Marche et secrétaire d’État chargé du numérique. Il l’a écrit pour réagir à l’incendie de la Casemate, un centre de culture scientifique technique et industriel, qui a eu lieu fin novembre à Grenoble. C’était juste pendant le bouclage du dernier Postillon, alors on n’a presque rien écrit dessus. Pendant la distribution, beaucoup de gens nous en ont parlé, interloqués, dubitatifs, voire en colère.
    Moi, franchement, la liberté des esprits, je suis pour. Et c’est pour ça que je me pose plein de questions autour de l’invasion actuelle du « numérique inclusif » dans toutes les sphères de la vie, et du « grand remplacement » des humains par les robots. Des questions qui ne sont portées que par quelques esprits chagrins rompant l’enthousiasme général autour du tsunami numérique, et qui n’existent quasiment pas dans les centres de culture scientifique comme la Casemate, alors que cela devrait être leur raison d’être. Avec ces questions, je suis allé au festival Transfo, « le premier festival du numérique 100 % alpin », et à une rencontre avec la nouvelle directrice de la Casemate. Et j’en reviens avec la certitude que s’opposer au déferlement numérique est une nécessité impérieuse.

  • La houille brune

    Étouffant sous les tonnes d’immondices qu’elle a générées, la population grenobloise et ses dirigeants redécouvrent le tri des déchets et le compost. Pourtant, il s’avère que depuis des siècles, les êtres humains ont appris à gérer leurs déchets, et à les rendre utiles pour tout un tas de trucs : l’agriculture, le tannage des peaux…
    Logiquement, le business change d’échelle dans les années 50 avec l’avènement du tout jetable, créant une industrie à part entière : le recyclage. En 70 ans, un sacré lavage de cerveau nous a été infligé, et continue de déterminer nos vies. Alors on a eu envie de plonger les mains au fond des poubelles grenobloises, à la recherche d’une histoire éparpillée dans les archives pour redécouvrir le traitement des « boues et des os », comme on appelait alors les déchets. Retour en 1800.

  • Des écureuils coulés dans le béton

    Qui a dit qu’on ne construisait plus dans la métropole ? Des grues et des bétonnières, il y en a presque à chaque coin de rue. Dans cette course à l’artificialisation des derniers espaces verts, Échirolles se démarque sérieusement ces dernières années. Dans les quartiers sud de la ville communiste, plutôt « tranquilles », les promoteurs sautent sur le moindre espace non urbanisé pour faire pousser un « ensemble immobilier » potentiellement rentable. Partout ailleurs, de grands projets poussent dans des cadres autrement bucoliques, entre rocade, voie ferrée et grands boulevards. Petit tour dans la frénésie immobilière échirolloise.

  • Microcentrale, maxiarnaque  ?

    Les microcentrales hydrauliques sont à la mode : il paraît que c’est de « l’énergie verte ». GEG (Gaz électricité de Grenoble) avait par exemple un projet sur le Guiers mort, une rivière coulant à Saint-Pierre-de-Chartreuse. Un projet qui a capoté suite aux protestations de la Frapna, de l’ONF ou des représentants de la pêche s’inquiétant des « perspectives de dégâts causés sur le milieu. Sous le prétexte d’économie d’énergie, on tue nos rivières ».
    Et puis il peut arriver que les microcentrales en viennent même à pourrir l’eau potable. C’est ce qui est presque arrivé à l’eau de la Dhuy, alimentant quelques riches communes du Grésivaudan. Retour sur un projet foireux qui a quand même – pour l’instant – coûté plus d’un million d’euros d’argent public.

  • « L’urgence, c’est le décloisonnement »

    Suite à l’interview de l’auteure Marion Messina parue dans le dernier Postillon (autour de son roman Faux Départ), un lecteur nous a écrit pour nous demander si « Marion Messina était la même personne qui écrivait il y a quelques années sous le nom de Marie-Thérèse Bouchard, une grenobloise qui tenait un blog dont les articles étaient repris par Fdesouche, Novopress et la fachosphère... ». Nous on n’en savait rien, alors on lui a demandé. Et comme il s’avère que c’est bien elle, on lui a posé quelques questions sur ce passage de sa vie.

  • Ohé, ohé, territoires abandonnés

    Sangliers. C’est le titre du dernier livre d’Aurélien Delsaux, un ex-prof du lycée de la Côte-Saint-André. Il s’agit d’une fresque sociale suivant pendant cinq ans la vie d’un hameau imaginaire d’un pays qui ressemble beaucoup à la plaine de la Bièvre. Une fiction littéraire très inspirée de la réalité qu’observe l’auteur, qui en dit beaucoup plus sur ce genre d’endroits et sur certains enjeux de l’époque que nombre de travaux journalistiques. Petite discussion avec Aurélien Delsaux.

  • Edito & autre édito

    Pour cet édito innovant, nous laissons la parole à Denis Bonzy, président du Club 20, ancien directeur de cabinet du maire Carignon, ancien maire de Saint-Paul-de-Varces, ancien candidat à la municipalité grenobloise en 2014. Le 1er décembre, on pouvait trouver cet étonnant billet sur son blog (denisbonzy.com). Avouons que nous sommes un peu gênés : on a l’impression de se faire draguer lourdement et on ne sait pas trop comment réagir.

  • Le modèle russe

    Effusion démocratique à l’Université Grenoble-Alpes (UGA). Lise Dumasy démissionne de la présidence de l’UGA pour devenir présidente de la Comue (communauté université Grenoble-Alpes). Pendant ce temps Patrick Levy, démissionne de la présidence de la Comue pour devenir président de l’UGA. Le fameux modèle russe.

  • Eybens : attention au cumul philosophique !

    Tout change très vite à Eybens. En septembre 2017, la majorité municipale du rassemblement de gauche et écologiste pond un pavé de 31 pages pour s’enorgueillir de son « bilan de mi-mandat ». Parmi les actes célébrant ses « trois ans de transition », les élus se félicitent de ne pas cumuler les mandats.

  • La noix connectée : Motion Recall

    C’était censé être le nouveau bijou grenoblois. Rendez-vous compte : « l’ultraréalité virtuelle, la technologie sur laquelle s’appuie Motion Recall, est issue de 10 ans de recherche au sein du CEA Grenoble ». Alors les journaux et les élus s’émerveillaient qu’elle puisse « exister sur un marché convoité par Google et Microsoft ».

  • Piolle en campagne

    Avec deux ans d’avance, voilà l’équipe municipale grenobloise qui repart en campagne. Et ce n’est pas vraiment discret : les années précédentes, il n’y avait qu’une cérémonie des vœux à l’hôtel de ville de Grenoble. Cette année, il y en a eu six, une dans chaque secteur, en plus d’une grande soirée « spéciale 50 ans des Jeux olympiques » au Palais des sports. Et puis il y a la communication, où Éric Piolle tente tous les coups, même les plus foireux.

  • Wauquiez est-il plus objectif que Ferrari ?

    Début janvier, France 3 devait diffuser une série de cinq reportages autour de la personnalité du président de la Région Laurent Wauquiez. Mais au bout du second, et suite à un coup de fil du cabinet de Wauquiez, les trois derniers ont été déprogrammés (avant d’être reprogrammés plus tard suite aux prostestations). Censure ? Pressions ? Pas du tout, répond André Faucon.

  • Télégrenoble, le vrai journalisme objectif

    À propos d’objectivité, on devrait certainement s’inspirer de Télégrenoble, experte en la matière. On sait depuis longtemps que ses présentateurs sont les rois des « ménages », ce mélange de genres où des journalistes bossent pour des privés ou des institutions publiques.

  • Qui tue les commerces de proximité ?

    Pour la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), la fermeture aux voitures de certains axes du centre ville grenoblois va entraîner « le plus grand plan social grenoblois » avec « 5 000 emplois menacés » dans les fameux « commerces de proximité ». Une position étonnante de la part d’une institution qui n’a jamais rien dit contre l’extension perpétuelle des centres commerciaux à l’extérieur des villes, qui ont tué bien plus de commerces de proximité que deux pauvres « autoroutes à vélo ». Et surtout de la part d’une institution qui se réjouit tous les jours des succès des entreprises d’e-commerce grenobloises.