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ZZZapp

Selon la logique qui guide notre monde « un problème = une application », il était somme toute prévisible que des start-uppers voient dans la prolifération actuelle des moustiques un simple marché à prendre. HCI Digital Services, une boîte de Moirans, s’est positionné sur le créneau et a lancé «  une application pour lutter contre les moustiques  ». En tapant dessus avec votre smartphone ? Hélas, non, la «  lutte  » se cantonne ici à du coaching et de la cartographie. Dénommé ZZZapp, l’application « est un coach qui donne accès aux bonnes pratiques  » mais qui fait aussi appel à «  l’intelligence collective  » (HCI désignant Human Collective Intelligence – tout un programme). Le particulier est aussi invité à « ZZZapper, c’est-à-dire à indiquer le niveau de nuisance. Vert, il est nul ou faible, rouge, il est très marqué. Ce geste permet d’obtenir une carte des nuisances liées aux moustiques, un peu comme Waze avec les difficultés de circulation » (Le Daubé, 13/06/2023). Si vous sortez sans votre anti-moustiques, prenez les voies en vert ! La prolifération des moustiques, à la différences des bouchons, n’est ni épisodique ni difficilement prévisible. En gros, ces dernières années dans la cuvette, dès qu’il fait chaud et qu’il y a un peu de végétation, il y a pas mal de moustiques. Mais Le Daubé parvient quand même à vendre cette appli : «  Pour les collectivités et les syndics, l’application fournit des informations sur le niveau de formation des habitants, permet de suivre l’évolution de leur ressenti face aux nuisances.  » Chacun ayant une sensibilité très différente par rapport à la nuisance de ces petites bêtes, la carte des « ressentis » risque d’avoir une valeur toute relative. Comme beaucoup d’application, l’intérêt principal de ZZZap semble donc être de faire croire qu’on fait quelque chose alors qu’on perd juste notre temps derrière un écran. Ça n’empêche pas la start-up, qui promet d’accélérer la « gamification » de son appli, d’avoir eu le soutien de la mairie du Fontanil-Cornillon ou du pays voironnais et de lever prochainement 150 000 euros. Une telle gabegie, ça gratte fort !