Accueil > Février-Mars 2017 / N°39

Courrier des lecteurs

Le journal qui nous rappelle la « sinistre époque » ?

« Bonjour… En même temps, une formule de politesse est-elle indispensable et est-elle adaptée à une telle situation ? Je ne me présente pas, vous semblez me connaître. J’ai exercé le métier de journaliste durant des années. Et moi j’avais le courage de signer mes articles et de me présenter lorsque je couvrais un événement. Vos articles me font frémir et me font penser à cette sinistre époque où les journalistes ne signaient pas leurs papiers. Ces tristes années faites de délations contre une race, une religion, des idées, des pratiques... Je ne lis pas votre journal. On vient de m’envoyer un lien sur cet article cité en bas de page [NDR : il s’agit de l’article Avec le fan-club de Carignon, paru dans Le Postillon n°36] où vous me nommez largement, citant même mon état civil. J’ai juste envie de vous dire : vous devriez débaptiser votre journal et l’appeler «  Je suis partout  ». Pourtant je reconnais que votre nom est bien choisi. C’est vrai que dans le champ lexical du «  postillon  », on trouve de jolis mots tels que «  crachats  ». Je pourrais vous attaquer pour diffamation... je réfléchis... Vous méritez en attendant mon dédain. Alors ciao et surtout mauvaise continuation ! » Hélène Tavelle (moi j’ai le courage de signer). 

Le Postillon : Merci pour la suggestion du nouveau nom, c’est vraiment très recherché et subtil. Au passage, passez nos amitiés à Godwin.
Pour votre information, dans Le Petit dauphinois, journal collabo, les articles étaient signés. Ainsi bien sûr qu’à Je suis partout. En revanche, The Economist, journal libéral de référence comme on dit, ne signe pas ses papiers. Comme quoi, il faut se méfier des raccourcis faciles : ils vous conduisent à dire des grosses âneries que nous sommes contraints de commenter au lieu d’informer paisiblement nos lecteurs.

La mondialisation par le coworking

« Hello les Coworkeurs,
Je travaille quelques jours depuis KoHub - Tropical Coworking. Un super espace de Coworking sur Koh Lanta Yai en Thaïlande. Alors c’est pas pour vous narguer, la neige c’est bien aussi, mais plutôt parce que ça illustre un mantra que je répète souvent quand on me parle de Cowork :
«  Coworking is not about space, it’s about people ». En moins de 15 minutes je me suis senti comme chez moi, comme à Cowork. On retrouve ici les même éléments qui font de Cowork ce qu’il est. Les mêmes services, les mêmes types d’espaces (silencieux, bruyants,...), des événements, toussa toussa. Mais surtout une communauté de gens ouverts et géniaux comme vous. Et quand on est entourés de gens intéressants... Vous connaissez la suite ;) [NDR : On connaît pas la suite, non, mais on veut bien essayer de deviner : visiblement, il a pécho. Ou alors il a un nouveau projet de start-up ?] Merci à tous de faire de Cowork ce qu’il est. Chouette, une nouvelle année avec vous ! (...) » Mathieu

Le Postillon : Quand on a reçu ce mail collectif envoyé à la liste de diffusion de Cowork in Grenoble (voir l’article « J’ai rencontré #Ceuxquifont (de la merde) » dans Le Postillon n°30), ça nous a fait rêver. Ah qu’ils sont cools, ces gens, qui peuvent travailler aussi bien à Grenoble qu’à Koh Lanta, qui se sentent chez eux « en moins de 15 minutes », même à l’autre bout du monde, qui ne traînent qu’entre gens « ouverts et géniaux ». Qu’ils sont bien dans leur époque, celle de la mondialisation et de trajets en avion incessants, du triomphe de l’homo numericus dépendant du kérosène comme de ses nombreuses prothèses technologiques, de l’uniformisation des modes de vie, du règne d’une élite de winners geeko-nomades promouvant sans cesse les bienfaits de la révolution numérique sans jamais regarder ce qu’elle détruit. À bien y réfléchir, c’est plutôt un cauchemar.

La jungle de l’administration

« Salut les cracheurs. Je me farcis, en retard, le dernier numéro de votre torchon de propagande anarchoïde antitout (que j’aime beaucoup, mais vous savez, il y a cette palme du fayot qui fait encore frémir).
Une petite précision pour les salaires en retard dans les BU, cela n’a hélas rien d’une nouveauté UGAesque. Ayant travaillé à une époque (que vous n’avez pas connue !) dans un centre de ressources que je ne nommerai pas dépendant de feu l’UPMF, notre premier salaire de contrat étudiant à ma collègue et moi mettait plus de trois mois à arriver (c’était en 2012 si ma mémoire est bonne, mais je picole pas mal).
Interrogée, l’administration centrale avait argué que le centre de ressources n’avait pas envoyé nos contrats dans un bon format d’enveloppe (fallait y penser !) et que de toute façon, impossible de faire la moindre avance hors des sessions de paiements prévues à cet effet. Pressés de payer nos loyers, ma collègue et moi avions demandé au vice-président chargé des ressources humaines... Nous fûmes payés en moins de 48h ! L’administration est un monde complexe, la comprendre n’est pas à la portée de tous... En tout cas, moi j’ai renoncé.
 » J.

La publicité avant tout

« Vous avez choisi le groupe La Poste comme partenaire pour gérer votre relation client et je vous remercie de votre confiance. Je tiens à vous informer des évolutions tarifaires qui seront applicables à partir du 1er janvier 2017. Fidéliser et recruter de nouveaux clients est stratégique pour votre entreprise. Le média courrier a toute sa place pour vous aider à développer votre activité. La Poste a bien compris cette nécessité et a ainsi pris le parti de ne pas augmenter les tarifs de référence du courrier publicitaire pour la deuxième année consécutive.
Par ailleurs, dans le cadre autorisé par l’autorité de régulation des communications électroniques et des Postes, La Poste portera, pour les courriers [suivent les taux d’augmentation]
 ».

Le Postillon : Ils sont mignons à La Poste. Tous les six mois, ils augmentent les tarifs de façon vertigineuse. Quand on a commencé Le Postillon, on devait payer 0,85€ pour envoyer un exemplaire. Sept ans plus tard, c’est 1,42€ à poids égal. Par contre, ils sont tout fiers de nous annoncer leur décision de « ne pas augmenter les tarifs du courrier publicitaire ». En ces temps de règne du journalisme indépendant, des lettres manuscrites et de l’information écrite de qualité, enfin de la discrimination positive pour la publicité.

Grenoble, terre d’accueil des dictateurs

« Vous savez sans doute que le président à vie algérien Abdelaziz Bouteflika est récemment venu se faire opérer à la Clinique Mutualiste. Séjour d’une petite semaine durant lequel le quartier était quadrillé par la police, la rue d’Alembert interdite au stationnement (devant la Clinique d’Alembert).
Au même moment le journaliste algérien Mohamed Tamalt condamné à deux ans de prison pour « 
 offense aux institutions et au président » mourait en prison. Combien la clinique a-t-elle reçu pour cette hospitalisation ? Quel manque à gagner pour la ville de Grenoble pour les places de parking payantes non occupées ? Quelle somme dépensée pour sécuriser le quartier ? Tout ça pour un homme n’acceptant ni les critiques, ni la démocratie. Lamentable. » M.V.