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Articles de ce numéro

  • La transition égologique

    Les cinq pages qui suivent ont un point commun : l’égologie. Ce jeu de mots - pompé sur le titre d’un livre (Aude Vidal, égologie, écologie, individualisme et course au bonheur, Le Monde à l’envers, 2017) - parle bien de notre époque : « En considérant la société comme un agrégat d’individus, et le changement social comme une somme de gestes individuels, cette vision de l’écologie ne succombe-t-elle pas à la logique libérale dominante, signant le triomphe de l’individualisme ? » se demande le bouquin. Banques « éthiques », colibris en vélo électrique, capteurs anti-pollution (voir page 6), poubelles intelligentes (voir page 8) : Le Postillon vous présente quelques acteurs de la transition égologique.

  • Chacun son capteur, chacun sa tumeur

    Grenoble & les pics de pollution, c’est une longue histoire d’amour. L’hiver dernier, c’est devenu carrément fusionnel avec des « plateaux » de pollution qui ont duré plusieurs semaines. Mais la pollution est aussi une bonne opportunité d’innovation : ces derniers mois des « citoyens-explorateurs » ont testé des micro-capteurs pour mesurer la pollution reniflée partout, tout le temps. Une grande première très « égologique » en plus d’être largement foireuse : ces capteurs ne mesurant qu’un polluant ont souvent des résultats incohérents (voir article « L’air de la surveillance » page 7). De toute façon, l’important c’est le business plan : la volonté des pouvoirs publics de développer ces mesures individuelles plutôt que de lutter contre la pollution ouvre une brèche potentiellement lucrative pour quelques start-up (voir l’article « Les pigeons » page 7). Pendant que les pots d’échappement et les feux de cheminées sont scrutés par ces capteurs, on ne parle quasiment plus de la pollution lourde due à l’industrie chimique ou électronique (voir article ci-dessous).

  • Réponse à des colibris

    Extrait : Alors, Maria et Hugo, trois possibilités :
    Soit c’est une bonne blague (en tout cas, on a bien rigolé).

    Soit vous n’avez jamais lu Le Postillon et ce mail est à considérer comme un simple spam, sauf que vous avez pris la peine de changer l’en-tête pour qu’on se sente réellement concernés. Merci pour la politesse, et comme vous ne nous lisez pas, ce qui va suivre ne devrait pas vous faire de peine. Tant mieux : on a horreur de faire de la peine aux petits colibris qui sont plein de bonne volonté.

    Soit vous nous avez lu et vous avez cru qu’on blaguait au sujet des VAE (les vélos-moteurs dits vélos « électriques »). Alors, Maria et Hugo, on ne blaguait pas. Ce qui va suivre, vous allez le lire et ça va vous faire un peu de peine, mais au fond c’est pour votre bien. Vous avez cinq mois pour parcourir même pas 3 000 kilomètres, vous semblez jeunes et en pleine forme (vous êtes profs de plongée quand même), pourquoi aller mendier des vélomoteurs électriques au lieu de promouvoir un autre « mode de déplacement durable & actif » comme... le vélo tout court ?

  • Le marketing de l’éthique

    Grâce à notre conseiller bancaire à nous, on avait publié dans le numéro 41 un papier dénonçant l’arnaque éthique du Crédit Coopératif. En juin, on l’a mis sur Internet, et depuis il a eu un gros succès, en étant lu, tweeté et liké des milliers de fois par des gens qui ne sont même pas de Grenoble. Parmi les nombreux retours reçus, il y a eu celui de Raphaël : (...).
    Alors on a demandé à notre conseiller bancaire à nous de lui répondre. Et on vous met sa prose parce qu’on trouve que ça explique bien comment le marketing de LA banque éthique sert juste à flatter l’égologie de ses clients (dont on fait toujours partie...).

  • Nos poubelles pleines de Kafka ?

    La Métropole grenobloise veut installer des poubelles intelligentes et une police de l’environnement. Ces mesures flattent le portefeuille et l’égo des « bons » écocitoyens, mais ouvrent la porte à plein de situations kafkaïennes à propos de nos poubelles. Pendant ce temps-là, les industriels continuent à pondre des produits jetables, puis à s’enrichir dans la « valorisation » des déchets.

  • Détruire, disent-ils

    Des milliards d’euros d’argent public sont mis dans les quartiers populaires. Pas pour le travail social, les petits commerces ou les centres de santé. Non : ces milliards, c’est pour le BTP. Le but est de détruire une partie des grands ensembles mal construits dans les années 1960 ou 1970. Tout pour l’urbanisme et ses bulldozers ! Pour des avancées sur les questions sociales, il faudra repasser plus tard.
    Dans les quartiers de la Villeneuve de Grenoble et d’Échirolles, c’est le grand chamboule-tout. Parmi les immeubles qui vont disparaître, il y a celui du 20, galerie de l’Arlequin. C’est le gros bâtiment au-dessus du CCAS (Centre communal d’action sociale), le premier qu’on voit quand on arrive à la Villeneuve depuis le centre-ville de Grenoble. Le Postillon est allé traîner dans ses coursives, à la rencontre des habitants restants.

  • JO de 1968 : Médaille d’or de la girouette pour les Verts

    Depuis qu’ils sont au pouvoir, Piolle et les élus Verts grenoblois ne disent rien de mal sur les J.O. de 1968 et promeuvent une série d’événements « célébrant » leur cinquantenaire. Il y a dix ans, ils étaient autrement plus critiques...

  • Construire Matrix à l’insu de son plein gré

    Ils sont nombreux, dans la cuvette, à bosser pour « le monde de Matrix ». À inventer des nouveaux moyens de surveillance, de reconnaissance faciale, de détection de présence.
    À pondre des nouveaux capteurs, des nouveaux machins connectés, des applications plus smart les unes que les autres. À se battre pour que ces projets aient plein d’argent, à faire du lobbying pour que les lois accompagnent ce déferlement. Et pourtant, il n’y en a pas beaucoup qui assument. Jamais ils n’avoueront en public développer un monde inhumain, un monde « à la Matrix », où les humains vivent sous le joug de la technologie. L’année dernière, on est tombé sur une cadre grenobloise qui balançait dans un forum « Matrix, c’est un peu le monde que nous construisons ». Depuis, notre reporter l’a rencontrée.

  • Turbinons !

    Et un plan social de plus ! Général Electric a annoncé au début de l’été un plan de suppression de 345 emplois à Grenoble. Depuis, les salariés se battent, les élus pleurnichent, et les médias racontent tout ça. Au Postillon, on cherchait un angle original pour traiter ce sujet. Jusqu’à ce que Père Castor passe boire un café au local. La tentation de l’interviewer était trop grande, et en plus il raconte des choses intéressantes, le vieux.

  • Un campus plus smart les bibliothèques à la trappe

    Il nous faut rétablir une certaine justice. On a beaucoup parlé des fermetures de bibliothèques à Grenoble, ciblant la bande à Piolle et leurs choix austéritaires. Mais en fait il y en a plein d’autres des bibliothèques en péril. A Saint-égrève, les bibliothèques de Fiancey et Rochepleine vont fermer. À Claix, celle de Pont Rouge a déjà baissé le rideau. Mais c’est surtout sur le campus que des rayonnages vont tomber : fin septembre, une « lettre de cadrage de la politique documentaire » de l’Université Grenoble-Alpes (UGA) annonçait que près d’une vingtaine des « bibliothèques des composantes » allaient fermer boutique. Les « composantes », ce sont les unités de formation et de recherche (UFR), qui disposent chacune d’une petite bibliothèque pour regrouper la documentation spécifique à leurs matières. Des bibliothèques très utiles à des étudiants et des chercheurs, qui tentent de se mobiliser contre ce projet de « smart-campus ».

  • Des chances que rien ne bouge

    Dans le précédent numéro du Postillon, il y avait un reportage sur une famille de gens du voyage subissant la proximité immédiate d’un centre de compostage industriel. Un scandale sanitaire qui dure depuis presque vingt ans.
    Mais depuis j’ai compris plein de choses. Pour vivre en société, il faut respecter la loi. Et tant pis si la loi autorise à polluer l’air. Et tant pis si la loi autorise la mise en danger de la santé d’habitants. Et tant pis si la loi n’oblige pas à protéger les habitants. Oui, car « en République ceux qui font la loi ce sont les députés et les sénateurs, alors si vous voulez que ça change il faut aller voir vos députés et sénateurs ».
    Et tout ça, c’est la nouvelle sous-préfète de l’Isère qui me l’a appris.

  • Le catcheur qui, en fait, ne venait pas de Grenoble

    Son visage est mondialement connu. On l’a même vu sur un tableau derrière Macron pendant son interview télévisée. Beaucoup croient que le catcheur décédé André le Géant vient de Grenoble. En fait c’est faux. Retour sur une curieuse légende.

  • « C’est sur cet apartheid invisible que j’avais envie d’écrire »

    Et pourquoi pas parler de littérature ? Au Postillon, ça ne nous est jamais arrivé. Cet automne, on est tombés sur deux bouquins particulièrement touchants. Le premier, Encore vivant, de Pierre Souchon, a pour seul défaut d’être en dehors de notre ligne éditoriale – il ne parle pas du tout de Grenoble. Par contre, le second a en partie pour décor notre chère cuvette grenobloise. Et en plus il brasse plein de sujets rarement évoqués : les « prolos blancs », les rêves d’une jeune fille qui « aspirait sincèrement à une ascension sociale », les affres de l’université et du prolétariat moderne, les désillusions à propos de « l’égalité des chances ». On est donc allés poser quelques questions à Marion Messina, dont le premier roman Faux départ vient de sortir aux éditions Le Dilettante.