Actualités

  • Les prouesses professionelles de Laurence Ruffin

    Grenoble a une nouvelle maire ! Mais qui est Laurence Ruffin ? Et qu’a-t-elle fait dans sa vie professionnelle ? Pour l’occasion, Le Postillon vous invite à lire l’article qu’on avait consacré à son entreprise à l’automne dernier.

    La voilà enfin officiellement désignée – après une longue série de claques qui portent, de communiqués incendiaires et d’accusations « d’intimidations » envers Piolle – comme l’unique successeuse du maire de Grenoble. Laurence Ruffin est candidate aux prochaines municipales au nom des Écologistes, du Parti communiste, de divers groupuscules (Ades, etc.) en attendant peut-être – avant ou après le premier tour – les Insoumis et les socialistes. Si elle est novice en politique, elle ressemble à une sorte de candidate idéale pour les éco-techniciens grenoblois, notamment grâce à son action à la tête de la Scop Alma, éditrice de logiciels. Elle œuvre à la fois dans la « tech », la monoculture locale, et elle apporte un supplément d’âme en défendant le modèle « coopératif ». Alors tous les médias déroulent le « récit » flamboyant de la PDG d’Alma, surtout soucieuse de « démocratie en entreprise », de « gouvernance partagée » et autres « répartition de valeur » et « qualité de vie au travail ». Mais personne ne se demande à quoi servent les logiciels créés par cette société coopérative. Or, vendus à certains des pires pollueurs de la planète, ils permettent avant tout de remplacer les humains par des robots. Participer à dévaster le monde en coopérative, c’est toujours dévaster le monde.

    L’article complet est à lire ici : https://www.lepostillon.org/Devaster-le-monde-Oui-mais-en-cooperative.html

Derniers articles en ligne

  • La grande illusion des cours en ligne

    Voilà des années que l’État et les multinationales du secteur tentent de développer les cours en ligne. S’ils sont de plus en plus présents dans les formations universitaires, ils avaient jusqu’ici peu pénétré dans les écoles, collèges et lycées. Le confinement et la décision du ministère d’assurer la « continuité pédagogique » grâce aux cours en ligne a permis un bon gros coup de publicité pour ces dispositifs, même s’il est évident qu’ils vont avant tout creuser encore un peu plus les inégalités sociales. Des profs du coin nous racontent.

  • Pique et pique et corona

    Continuer à aller bosser ou pas ? C’est la question qui a agité tous les salariés depuis la mi-mars. Dans la cuvette, aucune grosse boîte n’a fermé à cause du coronavirus, entraînant moult tensions entre directions et salariés sur fond de lutte des classes. Bien souvent les cadres ou ingénieurs bossent en télétravail quand les ouvrières ou opérateurs continuent à aller trimer sans les protections nécessaires.
    Il y a les boîtes qui ne fabriquent rien du tout d’essentiel à la survie en temps de pandémie (des puces électroniques, des bulldozers, du ciment) et puis celles qui ont un peu un lien avec la problématique du moment. Becton Dickinson, vous connaissez ? Depuis 60 ans, cette entreprise américaine qui fabrique des seringues à Pont‑de‑Claix emploie 1 650 personnes. Entre réorganisation et perte de sens, les premières semaines du confinement ont été mouvementées dans cette entreprise « indispensable »… pour certaines de ses activités seulement. Et si cette crise permettait à des haut diplômés de prendre conscience du non-sens de leur boulot ?

  • Le deal fait (pour l’instant) de la résistance

    À en croire certains articles de presse, le coronavirus aurait réussi là où les flics échouent depuis des décennies : le confinement serait la solution magique pour enrayer le système mafieux de deal de drogue. Et pourtant, malgré le confinement, le trafic semble rester bien vivant à Grenoble. En attendant une crise de l’approvisionnement qui n’était pas encore advenue début avril, les dealers suivent la première règle du capitalisme : s’adapter.

  • On n’est pas confinés sous la même étoile

    Fred est un personnage du quartier Saint-Bruno. Il fait partie des 1700 personnes à Grenoble et dans l’agglomération, qui n’ont pas de chez eux pour répondre à l’injonction du confinement. Son spot, c’est le square avec vue sur la dragonne. De là, avec ses deux chiens et sa petite radio, il observe tout, de nuit comme de jour.


    « Hé t’as pas des feuilles ? » On passait là à vélo dans le parc Paul Mistral, lors d’une nanosortie photographique pour documenter Grenoble en ce quatrième jour de confinement. Et voilà comment on nous a alpagué. Ça a du bon d’être fumeur, quoi qu’en disent les moralisateurs. Ça crée des liens et des cancers.
    Des Guinéens, l’un avec une bière, un autre poète, un bavard, un taiseux, et puis un personnage : Waku Moïse. Le seul Sénégalais avec ses « compatriotes africains » comme il aime à le répéter. On discute, à distance, on échange nos numéros de téléphone. Plus tard on reçoit un message sur le répondeur : « Allo ! C’est Moïse, tu viens de nous photographier dans le parc. Nous sommes la petite famille en souffrance et en galère, mais on accepte notre sort. On apprendra à se connaître, franchement appelez-moi quand vous voulez, au moins vous pourrez être la voix des sans voix pour nous, merci beaucoup. Allez porte-toi bien ! »

  • Julien Polat, le bébé-Carignon aux dents longues

    Si le candidat Carignon n’arrête pas de vanter le soi‑disant glorieux passé de Grenoble, il veut également prendre exemple sur une référence actuelle pour transformer notre chère ville. « Le modèle de développement équilibré que conduit Julien Polat à Voiron est celui dont on doit s’inspirer » confie-t-il au journal Les Affiches en 2018. Un « modèle » d’autant plus fiable que Julien Polat, 35 ans, a été le « poulain » de Carignon à ses débuts en politique. Après avoir grenouillé dans des emplois publics, ce jeune ambitieux s’est fait élire à la mairie de Voiron en 2014, avant de devenir premier vice‑président du Pays voironnais et vice-président du Conseil départemental. Candidat à sa réélection, il vise aussi d’autres postes plus prestigieux.
    Après six ans passés au pouvoir, Polat marche effectivement dans les pas de Carignon à son âge, la moustache en moins. Autoritarisme, copinages, proximité avec les patrons, omniprésence de la communication pour masquer un bilan peu reluisant : partons donc à la découverte de ce « modèle  ».

  • Wanted - La dette de Carignon

    « Je n’ai naturellement aucune dette envers le Département de l’Isère. » C’est ce que nous a répondu Alain Carignon à propos d’une vieille ardoise autour de l’échangeur routier d’Alpexpo. C’est l’un des épisodes de la corruption mise en place par Carignon, alors président du Conseil général de l’Isère. Ce dernier a magouillé, de 1986 à 1989, pour le compte de son parti politique, le RPR, ancêtre des Républicains. Il sera jugé, avec son directeur général des services Xavier Péneau, pour (…)

  • « La blague, c’est les autres »

    Enfin un peu d’air dans une campagne électorale municipale. Il y a les candidats attendus, les ralliements opportunistes, les communiqués indignés, les promesses creuses, les postures et les impostures. Tout ce qui fait que les semaines précédant les élections sont toujours étouffantes pour qui s’efforce de suivre l’actualité locale.
    Et puis une nouvelle venue dans le « spectacle électoral » : pour les prochaines municipales à Grenoble, « POPO », alias Lisa Poget, mène une liste pour le parti POPOlitique. Une démarche résumée par le meilleur slogan qu’on ait vu dans une campagne municipale depuis 1965 : « La blague, c’est les autres.  »

  • Voyage au bout de la ligne

    Au Postillon, y a un tel lobbying en faveur du vélo que personne ne prend jamais le tram. Alors on s’est dévouées pour aller ausculter le moyen de transport qu’on retrouve sur toutes les cartes postales de la ville. Presque 24 heures dans les rames de la ligne A qui court de Fontaine à Échirolles. La plus ancienne et la plus longue. Après des allers-retours innombrables, des cafés à presque toutes les stations, des rencontres par dizaines – des vieilles, des bourrés, un canapé, une manif, et un ex-taulard – on se demande : qu’est ce qu’il y a de vraiment commun dans les transports ?

  • Mon Ecocité va craquer

    Quand il avait présenté le projet en 2007, le maire Destot en avait parlé comme du « futur centre ville » de Grenoble. La « requalification » de la presqu’île scientifique de Grenoble, en cours depuis douze ans, comporte un volet technologique et de nombreux projets immobiliers : des nouveaux bâtiments scientifiques et industriels et l’écoquartier Cambridge, situé le long de l’avenue des Martyrs. Si les grues tournent depuis un moment, c’est encore loin d’être fini : le chantier devrait durer jusqu’en 2034. Alors que la moitié des immeubles sont aujourd’hui construits et que les premiers habitants sont arrivés il y a trois ans et demi, l’écoquartier ressemble bien plus à une cité dortoir qu’à un centre-ville. Malfaçons en série, absence d’équipements publics et de volonté de travailler le lien social, gabegies public-privé : des habitants nous racontent ce morceau de la « ville de demain ».

  • À quand un Lubrizol-sur-Drac ?

    L’immense nuage noir de l’usine Lubrizol à Rouen a marqué au fer rouge les consciences. Un type de catastrophe réservé à la Normandie ? Non ! Dans la cuvette aussi, on a nos petites bombes à retardement. À vingt bornes à la ronde de Grenoble on compte pas moins de dix sites Seveso seuil haut. Ça va péter ?
    Pour ce numéro, Le Postillon se penche sur la plateforme chimique de Pont-de-Claix, où l’industrie fait joujou avec du chlore en grande quantité. Il y a les rejets quotidiens et puis les petits nuages de pollution planant au gré des incidents sur la plateforme. Ça n’empêche pas les pouvoirs publics d’être très généreux avec des entreprises embauchant de moins en moins de monde. Voyage au paradis de la chimie.