Actualités

  • Édito du numéro 41, actuellement en kiosques

    Sans doute, en regardant des photos de quatrième de couverture du Postillon, vous-êtes vous déjà demandé : « pourquoi ?  ». Nous-mêmes n’avons pas souvent la réponse. Cette fois, on a quelques éléments d’explication à propos du panneau planté dans les boues du Drac, sur lequel il est écrit « Tous ensemble avec la mairie pour lutter contre l’affichage sauvage  ».
    Au conseil municipal du 19 décembre 2016, les élus grenoblois ont voté une délibération pour engager une transition vers une ville sans affiches sauvages. Dorénavant, la ville pourra « facturer les frais de suppression » des affiches ou autocollants à « la personne qui a apposé ou fait apposer la publicité, et si elle n’est pas connue, aux frais de la personne pour laquelle la publicité a été réalisée  ». Montant de l’amende : 40 euros par affiche collée, 20 euros par affiche scotchée et 30 euros par autocollant.
    Fin février, on a reçu un coup de fil du service voirie de la mairie pour nous signaler l’existence de cette délibération, nous adresser un « dernier avertissement à l’amiable  » et nous assurer que les premières amendes tomberont sous peu. Depuis d’autres structures ont été contactées : la ville a même menacé d’amendes l’union de quartier Berriat-Saint-Bruno, après qu’elle a scotché des affiches sur les portes des immeubles pour annoncer une réunion avec les élus. Remarquons l’absence de discrimination dans la délibération votée : elle promet de sanctionner pareillement des grosses structures commerciales organisatrices de concerts, des petites associations sans but lucratif comme la nôtre, et des unions de quartier s’activant pour le dialogue élus-habitants.
    Pour justifier cet élan répressif, les élus verts & rouges affirment dans cette délibération que «  les tags, graffitis, autocollants et affiches polluent quotidiennement l’environnement urbain ». Dans le même temps, la ville subventionne grassement (25 000 euros en 2016, somme inconnue cette année) le «  street art festival  » organisé au mois de juin. Certains « tags et graffitis » sont donc vivement encouragés, notamment s’ils sont produits contre rémunération par des têtes d’affiches venant de l’autre bout du monde. L’affichage réalisé avec le cœur et les tripes de bénévoles se démenant pour faire vivre leur association est par contre puni. Est-ce une question d’esthétique ? À voir : si on reconnaît que toutes nos affiches ne sont pas superbement belles, certaines œuvres du Street Art Festival sont remarquablement moches.
    Dans ces temps politiquement troublés, tout sondage ou prévision est forcément un peu foireux. Mais on veut bien parier que si des amendes viennent à tomber sur des associations avant le Street Art Fest du mois de juin, quelques « performances » viendront un peu égayer ce festival branché.
    Ok, d’accord, mais sinon comment comprendre le reste de la photo de quatrième de couverture ?

Derniers articles en ligne

  • La justice nous indique la longueur de la laisse

    Ce lundi 30 janvier, on est sortis du tribunal avec NTM dans la tête. La Cour d’appel de Grenoble vient de nous condamner à 2000 euros d’amende pénale avec sursis : on les paiera peut-être au bon vouloir d’un juge, dans l’éventualité d’une condamnation dans les cinq ans à venir. Une muselière pour qu’on apprenne la « prudence dans l’expression  ». On doit, en outre, verser 500 euros de dommages et intérêts à Christophe Ferrari, et 1000 euros à Yveline Denat. Enfin, même si le juge ne les a pas mentionnés, on doit a priori également rembourser leurs frais d’avocat, soit deux fois 1200 euros pour une diva qui n’a pas daigné assister au procès en appel.
    Au total, ça fait donc une somme de 3900 euros à cracher pour ces gens nécessiteux, contre 6900 euros en première instance (pour rappel, Ferrari et Denat réclamaient 21000 euros à eux deux).

  • Délocalisez-vous !

    Salut Medhi et Cédric. On ne se connaît pas : sans doute n’avez-vous jamais ressenti le plaisir de lire Le Postillon, même si vous êtes tous les deux grenoblois. Vous n’êtes pas élus, chefs d’entreprise, ou responsables de quoi que ce soit, donc a priori nous n’avons aucune raison de parler de vous sans vous prévenir.
    Mais vous avez la chance d’avoir été choisis complètement arbitrairement pour notre « portrait Twitter ». En 2009, le curieux magazine Le Tigre avait fait sensation en dressant le « portrait Google » d’un inconnu, entraînant un débat national sur la quantité d’informations privées laissées sur Internet. Depuis Le Tigre a hélas disparu, en même temps que les possibilités de livrer sa vie privée aux internautes se sont démultipliées. Joie du monde moderne : il y a maintenant des applications de géolocalisation qui permettent de littéralement suivre à la trace des inconnus.
    Chers Mehdi et Cédric, vous en êtes adeptes, quoique de façon très différente. Grâce à vos comptes Twitter et Instagram, on va donc raconter un peu vos vies. Pardonnez-nous cette indélicatesse, mais après tout, vous n’aviez qu’à faire un peu attention.

  • Pourquoi les bibliothèques ont été sacrifiées

    Entre chaque numéro, nous recevons notre lot de mails et autres courriers anonymes plus ou moins instructifs, plus ou moins sympathiques… Le dernier reçu est une petite bombe : il révèle qu’en août 2015, contrairement à ce que Piolle affirme depuis la présentation du Plan de sauvegarde en juin 2016, il y avait plusieurs scénarios budgétaires sur la table, tous évitant la mise sous tutelle préfectorale. La municipalité a délibérément choisi celui qui sacrifiait certains services publics (le fonctionnement) au profit d’investissements électoralistes de fin de mandat.

  • Gilles Chabert, le gredin dauphinois

    Avez-vous déjà connu ce sentiment de trahison ? Invité par des gens que vous pensiez être des amis à manger du gratin dauphinois, vous vous retrouvez devant un plat de patates avec du fromage dessus. Hérésie ! Les vrais savent qu’il n’y a jamais de fromage dans le gratin dauphinois, ceux qui en mettent sont des usurpateurs, des brigands ou – pire – des parisiens. (1)
    C’est la même sensation de tromperie sur la marchandise qu’on subit à chaque fois qu’on entend Gilles Chabert parler. Le nouveau monsieur « montagnes » de la région Auvergne-Rhône-Alpes a toutes les caractéristiques du dauphinois : il a grandi dans le Vercors, parle avec un accent rocailleux et utilise des expressions bien de chez nous comme « on va pas piocher dans l’eau quand même ». Il se pose en défenseur du terroir et de la montagne, et à l’écouter distraitement on pourrait presque le croire.
    Mais dès qu’on gratte un peu derrière la couche folklorique du personnage, on réalise rapidement qu’il défend avant tout son pouvoir et son enrichissement. Loin des forêts et des alpages, il passe l’essentiel de son temps à faire du lobbying à Paris, manigance pour implanter un maximum de canons à neige dans les stations, et multiplie les situations de conflits d’intérêts. Comme dirait ce bon vieux Dauphinois de Papagalli : bon appétit « quand même » !

  • Pipeau-litiquement correct

    Ils sont partout. Dans les mairies, les conseils départementaux, les banques, les associations, les structures de l’économie sociale et solidaire : dans la cuvette on peut tomber dessus à n’importe quel coin de rue. « Ils », ce sont les anciens élèves de Sciences Po Grenoble. Ils sont souvent cadres ou dirigeants, ou les deux, et savent généralement bien parler. Quand on les côtoie un peu, on se rend vite compte qu’ils peuvent même parler de tout, alors que leurs connaissances sur bien des sujets sont proches du rien : le sobriquet facile de Sciences-Pipeau est amplement mérité. Deux anciens élèves sont venus toquer à la porte du Postillon pour mettre en garde leurs potentiels successeurs.

  • Comment payer votre visite Google avec le droit à la formation

    Une commerciale de Google a appelé pour nous proposer de mettre des photos de l’intérieur du Café Vélo sur Google map », nous apprend Fabien, un des associés de cette Scop qui propose restauration et réparation de vélos. « Nico lui a dit qu’on avait pas de budget, elle a dit : ‘‘c’est pas grave ! J’ai passé une formation pour être formatrice agréée, je peux le financer sur le DIF (droit individuel à la formation des salariés)’’. Je lui ai dit que le principe ne me plaisait pas et qu’on allait refuser, elle a pas cherché et a dit au revoir... »

  • Ineptes tablettes

    C’est Noël après l’heure. Les élèves de cinquième de quinze collèges de l’Isère vont recevoir des tablettes numériques. Un cadeau du Conseil départemental, très fier de lancer son « Plan numérique », visant à terme à mettre dans les mains de chaque collégien un nouveau joujou numérique. Au XXIème siècle, toute l’ambition des classes dirigeantes, en l’occurrence ici la majorité Les Républicains du département, à propos des jeunes et de l’éducation consiste à les abreuver de gadgets technologiques. Quitte à gaspiller des millions d’euros d’argent public pour le plus grand bonheur de la multinationale Apple, qui s’apprête à embrigader plein de futurs clients.
    Ces tablettes vont servir à « lutter contre les inégalités et améliorer les apprentissages », assurent les communicants en ayant l’air d’y croire. Le Postillon pense exactement l’inverse et dresse, avec l’aide d’une enseignante concernée, les principaux enseignements de cette ineptie.

  • La fac veut donner des « émotions » aux robots

    Connaissez-vous « l’informatique affective » ? Cette nouvelle discipline enseignée à l’Université Grenoble-Alpes essaye de faire émerger le « robot social » afin que les robots puissent aussi remplacer les humains en tant que copain de jeu ou confident. Comme le dit une chercheuse : c’est « une révolution culturelle féroce » !

  • Comment les collégiens avalent déjà des pilules électroniques

    Une prof de techno au collège, quelque part dans la cuvette, nous raconte comment on formate les collégiens au nouveau monde connecté.

  • Ensemble, réduisons les pics de pollution.

    Faire des roues arrières en quad, manger des haricots en boîte ou se chauffer au brasero, c’est pas bueno pour ton karma. Si on décidait plutôt de shopper malin et mourir solidaire, pour rester in et vert sans se culpabiliser ?

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