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  • La justice nous indique la longueur de la laisse

    « Deux mille de sursis, quatre mille de rançon, on est condamné
    Pour être encore là après tant d’années
    Et pour les avoir tant tannés
    Instantanément, de façon spontanée
    On en paye le prix aujourd’hui mon gars, mais c’est pas un hasard
    Ça correspond au climat bizarre..
    . »

    Ce lundi 30 janvier, on est sortis du tribunal avec NTM dans la tête. La Cour d’appel de Grenoble vient de nous condamner à 2000 euros d’amende pénale avec sursis : on les paiera peut-être au bon vouloir d’un juge, dans l’éventualité d’une condamnation dans les cinq ans à venir. Une muselière pour qu’on apprenne la « prudence dans l’expression ». On doit, en outre, verser 500 euros de dommages et intérêts à Christophe Ferrari, et 1000 euros à Yveline Denat. Enfin, même si le juge ne les a pas mentionnés, on doit a priori également rembourser leurs frais d’avocat, soit deux fois 1200 euros pour une diva qui n’a pas daigné assister au procès en appel.
    Au total, ça fait donc une somme de 3900 euros à cracher pour ces gens nécessiteux, contre 6900 euros en première instance (pour rappel, Ferrari et Denat réclamaient 21000 euros à eux deux). Nous sommes relaxés des chefs d’accusation d’injure et diffamation pour certains passages de l’article, mais reconnus coupables d’injure pour d’autres, sans connaître le détail au moment de ce bouclage. Et puis, qu’est-ce qu’on est contents : on n’est plus condamnés à publier ce jugement en Une du journal, ni sur notre site internet. On en ronronnerait presque.

    On a déjà trop parlé de ce procès ridicule, encombrant la justice pour l’ego de deux puissants. On a déjà moqué à l’envi la susceptibilité du maire de Pont-de-Claix Christophe Ferrari et de sa directrice de cabinet Yveline Denat. On a déjà écrit des pages d’explications, fourni des dizaines d’attestations pour étayer l’article litigieux. On a déjà critiqué les motifs de notre premier jugement, cette loufoque « absence de prudence dans l’expression et d’objectivité », ouvrant la porte à la condamnation de tout article jugé trop irrévérencieux. On s’est déjà largement étendu sur les différences de moyens entre les millions d’euros d’argent public déversés dans la communication officielle et notre petit canard fait avec trois bouts de ficelle.

    Mais on n’a pas entendu parler du fond, quand les juges ont rendu leur jugement : la souffrance au travail des agents de la ville de Pont-de-Claix. Cet article a été écrit pour relayer leurs témoignages nombreux, trop nombreux pour être un simple hasard statistique. Un amical salut à eux.

    Reste donc cette sombre amertume : l’impression d’avoir été condamnés pour avoir fait notre job. Notre « job », façon de parler, vu que la plupart des énergies du Postillon sont bénévoles, consacrant du temps et s’impliquant de manière désintéressée en faveur d’une certaine idée de la presse, de l’information locale, de la satire. Tout cela pour combler un manque dans le paysage médiatique local, apporter de la matière à réflexion, faire vivre la fameuse « liberté d’expression » célébrée partout il y a deux ans. C’est un bel objet d’étude, la liberté d’expression.
    Quand on s’en sert, visiblement, ça ne plaît pas à tout le monde. Raison de plus pour continuer, toujours avec NTM dans la tête : « On est encore là. » Et on vous emmerde.


    • Pour célébrer la bonne nouvelle et remplir ce beau chèque, on a fait une grosse bringue au 102, rue d’Alembert. Y’avait plein de gens et on a dansé. c’est pas pour être mièvre, mais franchement merci. La victimisation ça paye toujours !
    • Nous avons assez d’argent pour payer l’amende, donc le journal ne coulera pas. Si vous tenez à soutenir quand même Le Postillon, n’hésitez pas à abonner des personnes qui ne le lisent pas, amis, ennemis, salle d’attente de dentistes, vestiaires de club de foot....

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